Grève des médecins libéraux : tensions autour du budget de la Sécurité sociale

Par Nathan Guillemant |
Grève des médecins libéraux : tensions autour du budget de la Sécurité sociale

Les cabinets médicaux ferment leurs portes. Dès ce lundi 5 janvier, médecins de ville et cliniques privées démarrent un mouvement de grève qui devrait durer une dizaine de jours.

Le budget fait débat

Dans le viseur : le budget de la Sécurité sociale 2026 et ses mesures jugées injustes par la profession. Syndicats de médecins installés, jeunes praticiens, étudiants : tous se mobilisent contre ce qu’ils considèrent comme une attaque frontale.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Du côté du syndicat CSMF, 85 % des adhérents ont annoncé leur participation au mouvement. La plateforme lancée par Jeunes Médecins Île-de-France compte déjà plus de 14 500 grévistes inscrits. Une manifestation est prévue à Paris le 10 janvier. Les patients hospitalisés continueront d’être pris en charge, mais pour les urgences non vitales, direction l’hôpital public. Un transfert qui risque de mettre sous pression un système déjà fragilisé par les épidémies hivernales.

Ce que les médecins dénoncent

Les revendications sont multiples. Les grévistes pointent un budget insuffisant face à des besoins qui explosent, un contrôle renforcé des arrêts de travail, et surtout la possibilité pour les autorités de baisser unilatéralement les tarifs de certains actes médicaux. Le Syngof, syndicat des gynécologues obstétriciens, dénonce particulièrement les attaques contre le secteur 2, ces praticiens qui pratiquent des dépassements d’honoraires alors que certains tarifs remboursés n’ont pas bougé depuis les années 1990.

Face à cette mobilisation, la ministre de la Santé Stéphanie Rist ne recule pas. Elle assure avoir préparé depuis plusieurs jours l’organisation de la permanence des soins avec les agences régionales de santé. Et prévient : des réquisitions sont possibles si nécessaire. La ministre justifie les mesures du budget par une « augmentation exponentielle » des dépassements d’honoraires ces dernières années. Pour elle, même si les abus ne concernent qu’une minorité, impossible de laisser la situation en l’état quand certains renoncent aux soins pour des raisons financières. Un bras de fer qui ne fait que commencer.