Les prix continuent de grimper, mais à un rythme de plus en plus modéré. L’Insee vient de publier son estimation provisoire pour décembre dernier : l’inflation s’établit à 0,8 % sur un an, contre 0,9 % en novembre. Une décélération qui confirme la tendance observée depuis plusieurs mois et dessine un nouveau paysage économique pour les ménages français.
L’énergie, moteur du ralentissement
Ce coup de frein s’explique principalement par l’énergie. Les prix dans ce secteur ont reculé de 6,8 % par rapport à décembre 2024, alors qu’ils n’avaient baissé que de 4,6 % un mois plus tôt. Les produits pétroliers sont les premiers responsables de cette chute. À la pompe comme dans les factures, le répit se fait sentir. Cette évolution offre un certain soulagement aux ménages et aux entreprises, dont les budgets ont été durement mis à l’épreuve par les années de tensions énergétiques.
Du côté des produits manufacturés, la baisse se poursuit mais s’essouffle : -0,4 % après -0,6 % le mois dernier. Les services, eux, restent stables à +2,2 %, tout comme le tabac qui maintient sa hausse à +4,1 %. Cette stabilité des services reflète une économie où le coût de la main-d’œuvre et les ajustements salariaux continuent d’exercer une pression inflationniste résiduelle.
L’alimentation continue de peser sur les ménages
Mais tout ne baisse pas. L’alimentation, elle, accélère. Les prix ont grimpé de 1,7 % sur un an en décembre, contre 1,4 % en novembre. Les produits frais sont particulièrement concernés. De quoi continuer d’alourdir les caddies et les budgets des Français, même si l’inflation globale ralentit. Cette hausse persistante dans l’alimentaire souligne la fragilité du pouvoir d’achat quotidien, là où l’impact se fait le plus directement sentir.
Sur un mois, l’Insee note un léger rebond de 0,1 % après une baisse de 0,2 % en novembre. Ce regain s’explique par un effet saisonnier classique : les prix des services, notamment dans les transports, remontent en fin d’année. L’alimentation suit aussi cette légère tendance haussière, tandis que l’énergie et les produits manufacturés continuent de baisser.
Une France en dessous de la moyenne européenne
L’indice harmonisé, celui qui permet de comparer l’inflation française avec celle du reste de la zone euro, affiche 0,7 % sur un an. Un chiffre bien en dessous de la moyenne européenne. Les données complètes pour l’ensemble de la zone euro sont attendues mercredi, et devraient montrer une inflation à 2 %, pile dans l’objectif de la Banque centrale européenne. La France, elle, reste sous ce seuil depuis plus d’un an.
Cette situation place l’économie française dans une configuration atypique. Alors que la BCE maintient sa politique monétaire en fonction d’une inflation moyenne européenne proche de sa cible, la France bénéficie d’une inflation plus faible, ce qui pourrait favoriser la consommation intérieure. Mais l’accélération des prix alimentaires tempère cet avantage relatif, créant une perception contrastée chez les consommateurs entre les chiffres globaux et la réalité du panier de courses.


