Retraites : 76% des actifs français ne croient plus au système par répartition

Par Alexandre Foumangoye |
Retraites : 76% des actifs français ne croient plus au système par répartition

Une étude OpinionWay-Finary publiée le 28 janvier 2026 révèle une défiance massive des Français envers le système de retraites par répartition. Près de 8 actifs sur 10 déclarent cotiser pour un système dont ils ne bénéficieront jamais, tandis que 70% jugent le régime intenable sur le long terme. Face à cette impasse, 89% estiment nécessaire d’investir par eux-mêmes pour garantir leurs vieux jours.

Une confiance en chute libre

Les chiffres sont sans appel : 87% des Français se disent inquiets pour l’avenir des retraites. Si 72% estiment que le système peut encore fonctionner, seuls 30% jugent la situation réellement pérenne. À l’inverse, 42% considèrent qu’il ne pourra fonctionner que quelques années, et 28% estiment qu’il ne peut déjà plus fonctionner.

Cette perception s’accompagne d’une défiance record envers les responsables politiques : 85% des Français les jugent incapables de réformer durablement le système, tandis que 88% considèrent qu’ils ne savent pas réaliser de bons investissements. Une double condamnation qui scelle le divorce entre les citoyens et leurs dirigeants sur cette question cruciale.

Le sentiment d’une génération sacrifiée

76% des actifs ont le sentiment de cotiser pour un système dont ils ne bénéficieront jamais. Plus dramatique encore, 75% pensent que le montant de leur retraite sera inférieur à celle de leurs parents, actant une rupture historique dans l’amélioration des conditions de vie entre générations.

Cette fracture générationnelle s’accompagne d’un sentiment d’abandon politique. 55% des Français estiment que les décideurs publics accordent davantage d’attention aux retraités qu’aux jeunes générations, un sentiment explosant à 71% chez les 18-24 ans et 75% chez les 25-34 ans.

Face aux difficultés des actifs, les retraités campent sur leurs positions : 74% refusent toute baisse de leur pension, même si cela garantissait aux générations suivantes d’avoir une retraite. Cette posture creuse encore le fossé intergénérationnel.

Les Français estiment désormais à 64,6 ans l’âge de départ moyen nécessaire pour obtenir une pension décente, bien au-delà de l’âge légal actuel.

Vers une retraite par capitalisation ?

L’étude révèle cependant une évolution profonde des mentalités. 89% des actifs déclarent que pour avoir une retraite confortable, il est nécessaire d’investir par soi-même, et 88% qu’il faut commencer le plus tôt possible. 2026 pourrait marquer la prise de conscience : 58% des actifs envisagent de faire de la préparation financière de leur retraite l’une de leurs bonnes résolutions.

Plus radical encore, 21% des actifs ne comptent plus du tout sur une pension d’État et déclarent que leur principale source de revenus à la retraite sera le fruit de leurs investissements personnels. Ce chiffre grimpe à 25% chez les 18-24 ans et 27% chez les 25-34 ans, actant une rupture générationnelle dans le rapport à la retraite.

« Le défi n’est pas uniquement financier : il est aussi pédagogique. Donner aux Français les moyens de comprendre, de se projeter et de décider devient une condition essentielle pour éviter que la retraite ne devienne un facteur supplémentaire d’inégalités économiques », analyse Mounir Laggoune, CEO de Finary.

Cette étude révèle le fossé béant entre la théorie et la pratique : conscients de la nécessité d’agir, les Français restent paralysés par le manque d’éducation financière et la complexité du système.