Depuis 2014, Laure Pierrisnard dirige la Confiserie du Roy René. Elle incarne une nouvelle génération de dirigeantes qui allient excellence artisanale et transition agricole.
Un parcours de la cosmétique à l’agroalimentaire
Diplômée de l’EDHEC, Laure Pierrisnard débute sa carrière dans la cosmétique chez AVON. Elle travaille en France puis en Italie. En 2001, elle rencontre Olivier Baussan, fondateur de L’Occitane en Provence. Elle revient alors dans sa Provence natale et rejoint L’Occitane. Elle y œuvre au marketing, à l’innovation et à la valorisation des filières durables.
En 2014, elle change de secteur. Olivier Baussan, devenu actionnaire majoritaire de la Confiserie du Roy René, la nomme directrice générale. Sa mission : faire entrer cette entreprise centenaire dans une nouvelle ère. « J’ai quitté la cosmétique pour l’agroalimentaire, mais ma vocation reste la même : valoriser le terroir et l’humain », explique-t-elle.
Une croissance remarquable en 10 ans
Sous sa direction, Le Roy René connaît un développement important. Le chiffre d’affaires est passé de 10 millions d’euros en 2014 à 17 millions d’euros en 2024. Cette progression de plus de 7 millions d’euros en 10 ans témoigne d’une stratégie efficace.
Laure Pierrisnard préserve l’image patrimoniale du Calisson d’Aix. Elle initie également un développement stratégique respectueux de l’homme et de la nature. Avec Olivier Baussan, elle relance la filière de l’amandier en Provence. Cette filière est aujourd’hui structurée autour de l’interprofession France Amande.
L’engagement pour la reconnaissance du calisson
Laure Pierrisnard s’implique dans l’écosystème économique régional. Présidente de l’Union des Fabricants du Calisson d’Aix depuis 2015, elle mène le projet de reconnaissance en IGP du calisson d’Aix-en-Provence. « L’innovation ne doit jamais être en rupture avec l’histoire. Mon rôle, c’est d’inventer demain dans le respect du passé », affirme-t-elle.
Le tourisme de savoir-faire comme levier
L’engagement de Laure Pierrisnard ne se limite pas à la production. Elle a fait du tourisme de savoir-faire un axe majeur de développement. Sous son impulsion, le Musée du Calisson a ouvert en mai 2015. Il est devenu une destination incontournable en Provence.
Le musée a accueilli près de 85 000 visiteurs en 2025. Il se hisse ainsi au rang de 4e entreprise la plus visitée de la région Sud. Ce succès transforme une confiserie en véritable expérience culturelle et gourmande.
Elle développe également un univers complet autour de la marque. Elle élargit les savoir-faire et renforce le réseau des boutiques Le Roy René. Ces actions contribuent à la croissance du chiffre d’affaires et à la notoriété du groupe.
Quatre manufactures sous sa direction
Fin 2025, Laure Pierrisnard élargit son périmètre. Elle prend la direction de trois autres entreprises du Groupe Territoire de Provence : la Biscuiterie de Forcalquier, la Caramélerie de Mane et la Chocolaterie de Banon.
Sa feuille de route est ambitieuse. Elle prévoit des projets d’agrandissement des sites et la structuration de filières agricoles locales. Son objectif : concilier artisanat et compétitivité à l’échelle d’un groupe agroalimentaire.
Un leadership féminin assumé
Dans l’agroalimentaire, les dirigeantes restent rares. Laure Pierrisnard trace sa voie avec assurance. « Mon ambition a toujours été de prouver que l’on peut être une dirigeante efficace en étant simplement soi-même », déclare-t-elle.
Elle est membre active de plusieurs organisations professionnelles. Vice-présidente des Confiseurs de France, elle est également membre fondateur de l’association Réseau Excellence. Cette association regroupe les Entreprises du Patrimoine Vivant de la Région Sud. Elle milite pour plus de reconnaissance des savoir-faire et des femmes qui les défendent.
Distinctions et engagement
Chevalier dans l’ordre national du Mérite agricole depuis 2014, Laure Pierrisnard est également Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur depuis 2019. Ces distinctions reconnaissent son engagement et son impact.
« Ce qui me motive, c’est l’impact. Créer de l’emploi, replanter des amandiers, faire vivre un territoire », explique-t-elle. Pour elle, Le Roy René n’est pas seulement une confiserie. C’est un projet de valorisation du terroir provençal.
À l’heure où la filière agroalimentaire française affronte des défis majeurs, elle incarne un leadership enraciné et socialement responsable. Entre relocalisation, transmission et compétitivité, son approche allie tradition et modernité.

