Budget 2026 : la CAPEB dénonce un texte sans ambition pour la rénovation des logements

Par Alexandre Foumangoye |
Budget 2026 : la CAPEB dénonce un texte sans ambition pour la rénovation des logements

La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) salue l’adoption du budget 2026 qui met fin à l’instabilité, mais dénonce vertement un texte sans ambition pour répondre aux besoins urgents de rénovation énergétique des logements français. Malgré le maintien de MaPrimeRénov’ à 3,6 milliards d’euros, les artisans du bâtiment, confrontés à une crise persistante, attendent des mesures bien plus courageuses.

Une visibilité retrouvée mais des réponses insuffisantes

L’adoption du budget garantit enfin la continuité de l’action publique en 2026, permettant la réouverture du dispositif MaPrimeRénov’ et apportant une certaine visibilité aux entreprises. La CAPEB se montre vigilante quant à la reprise rapide et effective du dispositif, paralysé pendant des mois d’incertitude politique.

Si l’enveloppe MaPrimeRénov’ se maintient à 3,6 milliards d’euros grâce à la compensation des certificats d’économie d’énergie (CEE), son recentrage sur la rénovation globale ne répond ni aux besoins des ménages ni à leurs contraintes financières, pas plus qu’à la nécessité de soutenir l’activité des entreprises artisanales enlisées dans la crise depuis des mois.

Seule la mise en place d’un parcours de rénovation par étapes, sur plusieurs années et par succession de mono-gestes, permettrait de satisfaire ces deux enjeux. Cette approche pragmatique reconnaît que tous les ménages ne disposent pas des 40 000 à 80 000 euros nécessaires à une rénovation globale immédiate, même avec les aides publiques.

Le Fonds vert, permettant aux collectivités d’investir dans la rénovation de leurs bâtiments, subit également une réduction de crédits. Les crédits dédiés à l’entretien et la restauration du patrimoine sont aussi en baisse, autant de marchés en moins pour les artisans.

Des mesures fiscales peu courageuses

La CAPEB déplore vivement plusieurs renoncements fiscaux. Alors que l’état des finances publiques devrait inciter l’État à recouvrer davantage de recettes et que la distorsion de concurrence entre entreprises constitue une réalité factuelle dans le bâtiment, députés et sénateurs ont choisi de ne pas abaisser le seuil de franchise en base de TVA à 25 000 euros.

Ce maintien du seuil actuel perpétue une concurrence déloyale où des micro-entrepreneurs bénéficiant de la franchise TVA cassent les prix face aux artisans établis assumant l’ensemble de leurs obligations fiscales et sociales.

La CAPEB regrette également que l’exonération des donations intra-familiales pour la réalisation de travaux de rénovation énergétique ne soit pas prolonger au moins jusqu’au 31 décembre 2027. La brièveté de cette mesure – une année seulement – que la CAPEB avait réussi à faire intégrer au budget 2025, rend aléatoire son utilisation effective tant pour les ménages que pour les professionnels.

Pour les mêmes raisons, le crédit d’impôt pour l’adaptation des logements au vieillissement et à la perte d’autonomie n’est pas prolongé jusqu’au 31 décembre 2027. Les besoins de la population souhaitant massivement vieillir à domicile sont pourtant considérables et doivent être anticipés, ce que le budget 2026 ne permettra pas pour les classes moyennes.

Une activité en recul de 1,5% depuis cinq trimestres

« Toujours confrontées à un recul durable de leur activité en rénovation et adaptation énergétique de -1,5% depuis maintenant cinq trimestres, les entreprises artisanales du bâtiment attendent des mesures ambitieuses et opérationnelles à même de relancer le marché », déclare Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB.

« Le budget 2026 marque un premier pas, mais des avancées concrètes et rapides sont absolument nécessaires sur le RGE, le parcours de rénovation par étapes et les GME pour que notre secteur puisse pleinement contribuer à la transformation écologique et sociale des logements en France. »