La France manque déjà de 20 000 ingénieurs par an. Et la situation pourrait s’aggraver. À l’occasion des Journées Nationales de l’Ingénieur (1er au 15 mars 2026), Syntec-Ingénierie lance une alerte. La cause : la baisse de plus de moitié des aides à l’apprentissage décidée par le gouvernement.
Des aides divisées par deux
Les récents arbitrages budgétaires sont sévères. L’aide à l’embauche d’un apprenti en licence, master ou diplôme d’ingénieur passe à 2 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés. Elle tombe à 750 euros au-delà. C’est une baisse de plus de moitié.
Les économies attendues sont de 200 millions d’euros en 2026, puis 700 millions en 2027. Pour Syntec-Ingénierie, le message envoyé est mauvais. Ces aides étaient un levier efficace. Elles permettaient de diversifier les profils et d’intégrer rapidement les jeunes talents dans le secteur.
Un déficit structurel qui s’aggrave
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La France comptait plus d’un million d’ingénieurs en activité en 2024. Mais seulement 47 400 diplômés sont sortis des écoles la même année. Le déficit est structurel.
D’ici 2030, les besoins pourraient croître de 30 % dans la construction et de 24 % dans l’industrie. Les capacités de formation, elles, ne progresseront que de 10,7 % au mieux. Le fossé se creuse.
Diversité : un autre chantier urgent
Le problème ne se limite pas aux volumes. La féminisation des écoles d’ingénieurs stagne. Elle plafonne à moins de 30 %. Sur Parcoursup, les filières scientifiques concentrent plus de 40 % des vœux masculins, mais seulement 17 % des vœux féminins.
Les biais d’orientation persistent. Les milieux favorisés restent surreprésentés dans les voies classiques. Le vivier de talents s’en trouve limité.
Un appel à agir
Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie, est direct : « Nous sommes au pied du mur. » La fédération appelle à trois actions concrètes : sécuriser les dispositifs d’apprentissage, renforcer l’attractivité des filières scientifiques, notamment pour les jeunes filles et engager un dialogue structuré entre État, écoles et entreprises.
Pour Syntec-Ingénierie, investir dans les talents ingénieurs n’est pas une dépense. C’est une condition essentielle à la compétitivité et à la souveraineté technologique de la France.
