Ibou est un projet de moteur de recherche conversationnel français qui place le respect des utilisateurs et des créateurs de contenu au cœur de son modèle. Conçu et développé en France par la société BABBAR, le projet s’appuie sur une infrastructure d’indexation du web construite depuis 2019 par l’équipe dirigée par Sylvain Peyronnet et Guillaume Pitel.
Ibou annonce aujourd’hui deux étapes majeures : le lancement d’Ibou Explorer, sa première verticale dédiée à la découverte de contenus, et l’entrée de Xavier Niel à son capital pour financer le développement du moteur complet.
Un moteur pensé pour le web d’aujourd’hui
Ibou naît d’un constat simple : le web a besoin d’un moteur de recherche qui sert à la fois les internautes et ceux qui créent les contenus qu’ils consultent. Là où les moteurs dominants ont progressivement relégué les sites au second plan au profit de réponses générées, Ibou fait le choix inverse : mettre en valeur les sources, garantir le pluralisme de l’information et respecter la volonté des éditeurs quant à la diffusion de leurs contenus.
Le projet porte également une ambition de souveraineté numérique européenne. À l’heure où la quasi-totalité des recherches en ligne transitent par des infrastructures américaines, Ibou propose une alternative crédible, fondée sur une technologie et un index propriétaires, indépendants et développés en France.
Cette infrastructure, construite depuis 2019 par Babbar, figure parmi les plus importantes au niveau mondial en termes de couverture du web. Elle constitue le socle technologique sur lequel Ibou peut développer un moteur de recherche complet, sans dépendre d’infrastructures tierces.
Ibou Explorer : la découverte de contenus, autrement
Ibou Explorer est la première verticale du moteur. Il s’agit d’une plateforme de découverte de contenus qui propose à chaque utilisateur une sélection d’articles de qualité, issus de sources diversifiées. L’objectif : offrir une alternative aux flux de recommandation existants en privilégiant la qualité éditoriale et le pluralisme des points de vue plutôt que le seul engagement.
Contrairement aux algorithmes de recommandation qui optimisent le temps passé et le taux de clic, Ibou Explorer mise sur la diversité des sources et la qualité des contenus. Cette approche répond à une critique croissante des filtres de recommandation qui enferment les utilisateurs dans des bulles informationnelles et favorisent les contenus sensationnalistes au détriment de l’information de fond.
Cette première verticale constitue la première étape visible d’un projet plus large : elle sera progressivement complétée par d’autres verticales, recherche web, images, actualités, pour aboutir à un moteur de recherche conversationnel complet.
Un pari sur la souveraineté numérique européenne
Le lancement d’Ibou s’inscrit dans un contexte où la question de la souveraineté numérique européenne revient régulièrement dans le débat public. Les tentatives passées de création de moteurs de recherche européens ont souvent échoué, faute de moyens, de vision ou de masse critique d’utilisateurs.
Ibou parie sur une approche progressive : plutôt que de chercher à concurrencer frontalement Google dès le départ, le projet construit d’abord des verticales spécialisées (découverte de contenus, puis recherche web, images, actualités) qui peuvent trouver leur public et affiner progressivement la technologie avant de déployer un moteur complet.
Reste à savoir si cette stratégie permettra de convaincre suffisamment d’utilisateurs pour atteindre la masse critique nécessaire à la viabilité économique d’un moteur de recherche. Avec le soutien de Xavier Niel et la bêta publique d’Ibou Explorer qui s’ouvre en mars 2026, le projet franchit en tout cas une étape décisive.
