Hier soir à l’Assemblée nationale, une décision qui va bouleverser les Français a été pris. En effet, désormais, un arrêt-maladie ne pourra excéder un mois pour une première prescription. Sauf si le médecin donne une bonne raison de le prolonger. Une décision qui vise à limiter le gouffre financier que peut représenter les arrêts-maladies dans les caisses de l’Etat.
Fini les abus, sauf cas d’urgence
11 milliards d’euros. Ce prix, c’est ce que les arrêts-maladies coûtent à l’Etat français. La facture augmente elle de 6 % chaque année. L’arrêt-maladie, c’est la procédure par laquelle un médecin ordonne à un salarié ou à une profession indépendante de cesser de travailler pendant une durée précise, car il estime que cet arrêt est nécessaire à sa guérison. Alors quand il est temps de faire les comptes à la fin, c’est l’Etat qui tire la langue !
Mais cela est désormais révolu, désormais nul ne pourra dépasser un mois un arrêt de travail pour une première prescription, et deux mois maximum pour un renouvellement. Un amendement porté par les partis de gauche, une solution qui se veut de repli vu qu’il voulait la supprimer totalement. « En zone sous-dotée en médecins, une personne malade retournera au travail faute d’avoir pu trouver un nouveau rendez-vous chez le médecin pour prolonger son arrêt », alerte cependant la députée PS Sandrine Runel.
« Onze milliards (d’euros) de dépenses sur les arrêts-maladies, c’est plus 6 % par an depuis cinq ans », a fait valoir la ministre de la Santé Stéphanie Rist, heureuse d’une mesure qu’elle qualifie de “salutaire”.
Une mesure qui ne plaît pas à tout le monde
Si cette mesure est vue d’un bon œil de la part de la gauche dans son ensemble, elle en attendait plus. Les autres partis de gauche (écologistes, communistes, LFI) voulaient supprimer complètement la mesure, mais ils n’ont pas obtenu gain de cause. Le gouvernement lui, voulait, au départ, décider la limite par décret. C’est-à-dire : 15 jours maximum pour un arrêt prescrit par un médecin de ville et 30 jours maximum pour un arrêt à l’hôpital.
La gauche, elle, par la voix des socialistes, a finalement décidé un amendement pour que ce soit 1 mois dans tous les cas. Et que cela s’écrive directement dans la loi, non pas décidée plus tard par le gouvernement.
Certains jugent que cette mesure met en doute la bonne foi des médecins et des patients. Cela risque d’accentuer la défiance envers le corps médical en ce qui concerne les arrêts de travail. Par rapport à l’abaissement du plafond pour les maladies longues (ALD non exonérantes), l’Assemblée a rejeté l’idée du gouvernement. Celui-ci voulait réduire les indemnités pour ces patients de 1 095 jours à 360 jours sur 3 ans. Enfin, le gouvernement voulait rendre la visite médicale après un congé maternité facultative, ce que l’Assemblée a rejeté à l’unanimité. Ils préfèrent le rendre obligatoire.


