Oumaima Bekkali, l’IAM comme vocation née d’un piratage

Par Alexandre Foumangoye |
Oumaima Bekkali, l’IAM comme vocation née d’un piratage

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, I-TRACING met en lumière le parcours d’Oumaima Bekkali, Cheffe de Projet Manager IAM. Dans un secteur où les femmes restent minoritaires (17 % des professionnels selon Women4Cyber) son itinéraire illustre la place croissante des talents féminins dans la cybersécurité.

Oumaima, le travail comme moteur

Rien ne prédestinait pourtant Oumaima à cette spécialisation. Élève en classes préparatoires scientifiques au Maroc, elle vise une école d’ingénieur après avoir brillamment réussi le Concours National Commun. Mais à l’été 2016, un piratage par force brute compromet son compte : ses vœux d’affectation sont annulés. Son mot de passe, trop simple et lié à des informations personnelles, a été « craqué ».

Plutôt que de subir l’échec, elle transforme l’incident en déclic. Elle choisit une filière en management des technologies de l’information, avec une spécialisation en cybersécurité. À l’Institut National des Postes et Télécommunications, elle rejoint un club de hacking et développe une passion pour la compréhension des mécanismes d’attaque. Elle poursuit ensuite un double diplôme avec l’INSA Centre-Val de Loire, où un cours d’Identity & Access Management (IAM) marque un tournant décisif.

Le défi de l’accessibilité

L’IAM devient son domaine d’expertise. Pour elle, la sécurité repose avant tout sur une question centrale : qui accède à quoi, quand et avec quels droits ? À la frontière entre technique, gouvernance et expérience utilisateur, l’IAM s’impose comme un pilier stratégique des systèmes d’information. En 2020, elle rejoint I-TRACING comme consultante IAM et évolue depuis dans cet univers en constante mutation, passé des solutions “on premise” aux plateformes SaaS.

Oumaima souligne aussi un contraste marquant : au Maroc, les filières d’ingénieurs attirent autant de femmes que d’hommes, tandis qu’en France, elles restent minoritaires dans les cursus informatiques. Convaincue que la cybersécurité est une science appliquée, fondée sur la cryptographie et les mathématiques, elle encourage les jeunes femmes à oser s’y engager. Un secteur dynamique, exigeant et porteur de sens, où les perspectives d’évolution sont nombreuses.