Depuis une semaine, le gouvernement fait une campagne de prévention active sur une possible guerre qui pourrait arriver en France. Celle-ci prend une nouvelle tournure depuis dimanche. Selon des sources présidentielles concordantes, le président Emmanuel Macron pourrait annoncer l’instauration d’un service militaire volontaire. Une manière de suivre les autres pays européens, qui eux ont opté depuis déjà les années 90 pour le service militaire obligatoire.
Un climat de peur instauré
“Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu’il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple, si on n’est pas prêt à ça, alors on est en risque. ” Ces mots, ce sont ceux du général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées mardi dernier. Ces mots, largement commentés dans les médias traditionnels et dans les réseaux sociaux, s’installent dans un climat de peur qu’entretient depuis des semaines l’exécutif. S’ensuivirent des campagnes sur des médias tels que Brut pour créer son “kit de survie” en cas de crise.
La guerre Russie-Ukraine est une crainte depuis 2002 pour l’Europe. Les idées expansionnistes de Vladimir Poutine pourraient, certains dirigeants européens, ne pas s’arrêter qu’à l’Ukraine. Elles pourraient se poursuivre sur toute l’Europe de l’Ouest. Poutine, on le sait, voulant recréer une “URSS impériale”. Cependant, les chances que cela arrive sont très minces. L’Ukraine n’a pas encore abdiqué et l’Union européenne privilégie le terrain diplomatique. Alors pourquoi toute cette dramaturgie concernant une possible guerre en France ?
Depuis 2022, Poutine avertit qui veut l’entendre que des troupes occidentales déployées en Ukraine seraient des « cibles légitimes » pour la Russie. Il a également souligné que si l’Ukraine attaque la Russie avec des armes occidentales (missiles, etc.), cela signifie pour lui que certains pays européens (OTAN) sont déjà « en guerre » avec la Russie. Des menaces à peine voilées qui démontrent une surenchère de la violence dans les rapports que la Russie entretient avec l’Union européenne, et donc la France.
Un service militaire qui augure d’autres mesures
La France, elle, a reçu Volodymyr Zelensky le lundi 17 novembre. Lors de cette visite, la France s’est engagée à délivrer du matériel de défense à l’Ukraine, mais également 100 avions Rafale envisagés sur les 10 prochaines années. La France s’engage à fournir des drones, des intercepteurs de drones, des bombes guidées, et à développer la production de certains équipements. Du matériel équivalent à une dizaine de milliards d’euros.
Alors quand le général Mandon parle d’accepter de perdre ses enfants, c’est finalement toute la France qui est dans l’incompréhension. En déplacement en Afrique du Sud au G20, le président Macron réitère toute sa confiance à son général d’état-major tout en rappelant que le seul chef des armées en France, c’était lui.
Donc, qu’il est le seul décisionnaire militaire. Mais derrière, c’est une autre décision qui fait polémique : en effet, lors de ce même déplacement en Afrique du Sud le samedi 22 novembre, le président insiste pour une nation forte. Selon lui, “Dans le monde où nous vivons fait d’incertitudes, d’une montée des tensions, si nous voulons véritablement être en sécurité, il faut dissuader l’autre de venir (…) La France doit continuer d’être une nation forte avec une armée forte, mais avec aussi une capacité de sursaut collectif”. En d’autres termes, le pays met la main à la pâte. Après les efforts économiques, c’est désormais un effort physique qui est demandé.
Le service militaire prendrait la forme du volontariat. La durée envisagée de ce service volontaire serait de 10 mois et serait rémunérée à hauteur de plusieurs centaines d’euros. Les armées françaises comptent environ 200.000 militaires d’active et 47.000 réservistes. Elles doivent passer à respectivement 210.000 et 80.000 personnes en 2030. La droite et l’extrême-droite sont d’accord avec l’idée. La gauche, par la voix du PS, se dit plus nuancée sur le propos. Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, a déclaré dimanche sur France Info que des travaux étaient “en cours” dans ce sens.
La date du 27 novembre serait envisagée pour l’introduction de cette mesure.


