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Politique

Shutdown aux Etats-Unis, c’est partout pareil !

Par Alexandre Foumangoye | Publié le 04/11/2025

Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, les États-Unis connaissent un nouveau shutdown fédéral : le Congrès n’a pas adopté les lois de financement nécessaires pour le nouveau budget de l’exercice fédéral, si bien que de nombreuses agences doivent cesser ou restreindre leurs activités.

Le rendez-vous de la paralysie budgétaire

En pratique, ce shutdown signifie que des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux sont protégés financièrement mais sans salaire immédiat, ou mis en « furlough » (mise à pied temporaire). Une estimation mentionne environ 900 000 employés concernés. Les conséquences économiques sont lourdes : selon des analyses récentes, une semaine de shutdown pourrait coûter plus de 7 milliards de dollars à l’économie américaine et réduire la croissance du PIB de 0,1 point par semaine.

Du côté des services publics, les effets sont visibles : des parcs nationaux fermés, des retards dans les procédures d’immigration, des vols retardés dû au manque de personnel dans les aéroports.

La logique américaine est claire : si le Congrès ne passe pas les douze lois d’« appropriations » ou un texte de transition (continuing resolution) avant le début de l’année fiscale (le 1ᵉʳ octobre), la majorité des dépenses fédérales ne peuvent plus être engagées. Riche en conséquences : car cela impose une paralysie immédiate ou progressive de nombreux pans de l’administration.

Et en France ? Un ralentissement budgétaire mais sans « arrêt total »

En France, la situation est différente mais le symptôme proche : le budget de l’État reste en débat et retardé, ce qui suscite une incertitude et même un risque pour le premier ministre Sébastien Lecornu de voir un projet de loi de finances non adopté dans les délais.

Le retard ou l’incertitude du vote du budget n’entraîne pas strictement un « shutdown » dans le sens américain — l’État français continue à fonctionner, avec des dépenses autorisées et des crédits reconduits, selon la loi organique relative aux lois de finances. Mais l’absence de vote dans les délais peut entraîner l’usage d’autorisations provisoires et une forte incertitude pour les collectifs publics et les opérateurs. Ainsi, la presse évoque une sorte de « marathon budgétaire » où le gouvernement reste sous pression, les débats sur imposition, sur la réforme de l’impôt sur la fortune, etc., cristallisant le blocage.

En conclusion, bien que la France n’ait pas encore franchi le seuil d’un shutdown à l’américaine, l’expression de départ « c’est partout pareil » n’est pas totalement hors-sujet. Les deux systèmes font face à des tensions budgétaires majeures et à des mécanismes de gouvernance fragiles. Toutefois, le mode de réponse publique diffère : continuité en France, arrêt en cas d’échec aux États-Unis. Le débat budgétaire international se rappelle ainsi chaque automne : la finance publique n’est jamais un exercice purement technique mais un miroir des rapports de force politiques.