Un an après l’entrée en vigueur de l’arrêté du 1er février 2025, la fiscalité des avantages en nature (AEN) liés aux véhicules de fonction continue de produire ses effets. Pour de nombreuses entreprises, la réforme a marqué un tournant stratégique dans la gestion des flottes automobiles.
L’avantage en nature, devenu enjeu stratégique
L’AEN correspond à l’usage privé d’un véhicule de fonction par un salarié. Intégré au salaire brut imposable, il génère cotisations sociales et impôt sur le revenu. Longtemps perçu comme un simple paramètre administratif, il est désormais au cœur des arbitrages financiers des directions.
La réforme a nettement durci la fiscalité des véhicules thermiques et hybrides mis à disposition après le 1er février 2025. En location, le taux forfaitaire est passé de 30 % à 50 %, et peut atteindre 67 % si le carburant est pris en charge par l’employeur. Pour les véhicules achetés, le taux grimpe de 9 % à 15 %, voire 20 % avec carburant inclus.
Conséquence directe : un coût social accru pour l’entreprise et une imposition plus élevée pour le salarié. Ce renchérissement a profondément modifié l’équation économique des flottes.
Électrique : un avantage fiscal renforcé
À l’inverse, les véhicules électriques bénéficient d’un régime attractif. Les modèles mis à disposition après le 1er février 2025 profitent d’un abattement de 70 % sur l’AEN, plafonné à 4 641,60 euros par an, à condition de respecter l’éco-score réglementaire. Pour ceux attribués avant cette date, l’abattement reste fixé à 50 %, avec un plafond de 2 026,30 euros.
La recharge est également encouragée : l’utilisation personnelle d’une borne installée sur le lieu de travail reste exonérée d’avantage en nature jusqu’au 31 décembre 2027. Au domicile, une exonération partielle est possible, sous conditions, sur les frais d’installation.
Un impact direct sur le TCO
Cette réforme a redessiné le calcul du coût total de possession (TCO). Au-delà du prix d’achat ou du loyer, les entreprises doivent désormais intégrer l’impact social et fiscal de l’usage privé. Dans ce nouveau cadre, l’électrique apparaît souvent plus compétitif sur la durée.
Si certaines organisations professionnelles ont dénoncé une mesure brutale et rétroactive, la réforme s’impose aujourd’hui comme un levier puissant d’électrification des flottes. Pour des acteurs comme Beev, qui accompagne plus de 5 000 clients dans la transition, le mouvement est clair : le véhicule de fonction est devenu un actif stratégique, à la croisée des enjeux financiers, sociaux et environnementaux.
