Entrepreneur Salariat

1 entrepreneur français sur 4 envisage un retour au salariat

Par Nathan Guillemant |
1 entrepreneur français sur 4 envisage un retour au salariat

Qonto publie une étude menée auprès de 1 600 entrepreneurs en Europe. Le constat est paradoxal : l’entrepreneuriat reste un choix délibéré pour 96% des Français, mais un quart d’entre eux envisage de retourner au salariat d’ici 2027, un record européen.

Un choix de vie assumé

En France, l’entrepreneuriat n’est pas un choix par défaut. 96% des sondés citent au moins un moteur positif à leur décision. Seuls 23% évoquent une contrainte subie comme une perte d’emploi ou une mauvaise expérience salariale.

Les motivations sont avant tout liées au mode de vie. La France affiche le record européen avec 36% d’entrepreneurs en quête d’un meilleur équilibre vie pro/vie perso et 32,5% recherchant une liberté créative. L’indépendance est avant tout un outil pour reconquérir son temps et sa liberté personnelle.

Un quotidien fragilisé par l’anxiété financière

La France offre l’un des environnements les plus favorables à la création d’entreprise : 34% des sondés le jugent « facile » ou « très facile », soit le 2ème score européen. Pourtant, le quotidien reste complexe. L’acquisition client (16%, record européen), la trésorerie (15%) et l’administratif (12%) constituent les principaux défis.

L’irrégularité des revenus pèse lourd. Elle constitue le défi majeur pour 32,5% des entrepreneurs français, au-dessus de la moyenne européenne (30%). Cette instabilité paralyse les projets de croissance : seuls 7% envisagent des investissements, contre 12% ailleurs en Europe.

La confusion entre finances personnelles et professionnelles aggrave la situation. 15% des sondés peinent à les distinguer, un record en Europe, transformant chaque tension de trésorerie en risque pour le foyer.

Le record européen de la tentation du salariat

Face à cette charge mentale, 25% des entrepreneurs français envisagent un retour au salariat d’ici 2027. Un chiffre sans équivalent en Europe : l’Allemagne affiche 8,5%, l’Espagne 15% et l’Italie 16%.

« Les entrepreneurs n’abandonnent pas par manque d’envie. Ils abandonnent quand la gestion financière devient trop lourde à porter au quotidien. Quand près d’un tiers des entrepreneurs français citent l’angoisse des revenus comme principal défi, ce n’est pas un problème individuel, c’est un enjeu structurel« , déclare Alexandre Prot, cofondateur et CEO de Qonto.