Loi Rixain : la féminisation des comex progresse lentement

Par Nathan Guillemant |
Loi Rixain : la féminisation des comex progresse lentement

Le Réseau Egalité, Mixité, Parentalité en entreprise publie son bilan 2025 sur l’application de la loi Rixain. Si la féminisation des instances dirigeantes poursuit sa progression, les objectifs fixés pour 2026 et 2029 restent loin d’être atteints.

Une légère progression entre 2024 et 2025

La féminisation des comités exécutifs du SBF 120 continue sa progression. Entre 2024 et 2025, la part de femmes est passée de 27% à 30% dans le SBF 120, et de 26% à 29% dans les sociétés du CAC 40 hors CAC 40.

Cette évolution reste toutefois modeste au regard des objectifs fixés par la loi Rixain. Pour 2026, les entreprises du SBF 120 doivent atteindre 30% de femmes dans leurs instances dirigeantes. Pour 2029, l’objectif monte à 40%.

Des écarts importants selon les entreprises

En 2025, 46% des sociétés du SBF 120 atteignent l’objectif de 30% de femmes dans leur comex. Pour 2029, seules 20% des entreprises respectent déjà l’objectif de 40% de femmes. Les instances dirigeantes restent donc encore largement masculines. 43% des postes fonctionnels sont occupés par des femmes en 2024, contre seulement 16% des postes opérationnels.

La France devance l’Allemagne, mais reste derrière le Royaume-Uni

À l’échelle européenne, la France se positionne derrière le Royaume-Uni en matière de féminisation des comex. Le FTSE 100 britannique affiche 35% de femmes, contre 31% pour le CAC 40 français et 29% pour les sociétés du SBF hors CAC 40. L’Allemagne, avec ses indices MDAX et DAX à respectivement 20% et 25%, ferme la marche.

La croissance moyenne annuelle reste plus importante en Allemagne (2,6 points par an) et aux Pays-Bas (1,8 point) qu’au Royaume-Uni (1,3 point).

Plus de femmes CFO, mais peu de CEO

Certaines fonctions se féminisent progressivement. La part de femmes Chief Financial Officer occupant le poste de numéro 2 est passée de 14% en 2023 à plus de 16% en 2025. Les postes de direction financière, RH, juridique, stratégie et digital attirent davantage les femmes. En revanche, seules 20% des femmes occupent des postes de CEO dans le Finance/Audit/Risque en 2024, contre 80% d’hommes. Les fonctions opérationnelles restent très masculinisées.

Des nominations encore trop externes

51% des nouveaux membres en 2024 proviennent de recrutements externes, contre 49% de promotions internes. Pour les femmes, 62% des nominations se font via des recrutements externes, alors que 38% seulement résultent de promotions internes. Les hommes connaissent une répartition inverse : 62% de promotions internes contre 39% de recrutements externes.

Cette tendance suggère que les femmes peinent encore à accéder aux postes de direction par évolution interne, nécessitant davantage de recrutements externes pour respecter les quotas.

Un effort de féminisation concentré sur certaines fonctions

13% des femmes des comex en 2024 occupent de nouvelles fonctions créées après leur départ. Les fonctions les plus concernées sont l’intégration d’un nouveau comex ou hors SBF 120 (18%), le mandat d’administratrice sans poste exécutif (22%), et l’aucune nouvelle fonction identifiée relevant d’un poste non mandataire (24%).

La loi Rixain produit des effets tangibles, mais la progression reste insuffisante pour atteindre les objectifs de 2026 et 2029 sans accélération significative.