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Inégalités de genre au travail : la double journée pèse toujours sur les femmes

Par Adèle Blanche |
Inégalités de genre au travail : la double journée pèse toujours sur les femmes

Malgré les engagements affichés en faveur de l’égalité professionnelle, les inégalités de genre restent fortement ancrées dans le monde du travail. Une étude menée par Factorial, en partenariat avec OpinionWay, met en lumière une réalité persistante : 80 % des salariés estiment que les femmes subissent davantage la “double journée”, entre travail et responsabilités domestiques. Ainsi, derrière les politiques d’égalité, les perceptions traduisent encore des déséquilibres structurels.

Des obstacles persistants dans l’accès aux postes à responsabilité

Aujourd’hui, une large majorité de salariés identifie des freins dans les parcours professionnels des femmes. En effet, 79 % des répondants considèrent que les postes de direction restent plus accessibles aux hommes. De plus, à compétences égales, beaucoup estiment que les femmes doivent fournir davantage d’efforts pour évoluer.

Les stéréotypes de genre continuent d’influencer les représentations. Trois salariés sur quatre associent encore spontanément les fonctions de management aux hommes. Cette perception traverse tous les secteurs et toutes les générations, ce qui souligne son ancrage culturel profond.

Cependant, les écarts de perception entre femmes et hommes restent marqués. Alors que 92 % des femmes estiment subir davantage la double journée, seuls 66 % des hommes partagent ce constat.

Une forte attente vis-à-vis des entreprises

Face à cette situation, les salariés attendent des actions concrètes. Ainsi, trois employés sur quatre souhaitent que leur entreprise s’engage davantage en faveur de la mixité dans l’accès aux postes de direction. Cette attente se renforce dans les grandes entreprises, où les parcours professionnels apparaissent plus structurés. Dans ce contexte, les politiques internes doivent évoluer pour répondre aux enjeux d’équité et de progression de carrière.

Les RH, un levier encore sous-exploité

Les ressources humaines pourraient jouer un rôle clé dans cette transformation. Pourtant, 57 % des salariés estiment que les RH disposent aujourd’hui d’un pouvoir limité pour corriger les inégalités. Même si la fonction RH apparaît comme très féminisée, cette réalité ne suffit pas à rééquilibrer les opportunités. Les entreprises doivent donc renforcer leurs dispositifs pour garantir une véritable égalité des chances.

Une question qui dépasse le cadre professionnel

Enfin, les inégalités ne s’arrêtent pas à l’évolution de carrière. Elles impactent aussi la santé au travail. Deux tiers des salariés estiment que les femmes font face à un risque plus élevé d’épuisement professionnel. Cette situation s’explique notamment par la charge mentale et la pression liée à la double journée. Certains secteurs, comme le commerce ou la restauration, accentuent encore ces difficultés.

Ainsi, l’étude souligne un enjeu majeur : pour progresser vers une égalité réelle, les entreprises doivent agir à la fois sur les pratiques internes, les représentations et les conditions de travail.