À l’occasion de l’événement GO Entrepreneurs 2026, une étude menée par OpinionWay pour CCI France et le MEDEF révèle une transformation profonde de la vision de la réussite entrepreneuriale en France. Aujourd’hui, les Français ne rejettent pas la performance : ils la redéfinissent.
Un retour marqué de l’envie d’entreprendre
D’abord, l’étude confirme une dynamique forte : 29 % des Français envisagent de créer ou reprendre une entreprise. Cela représente près de 15,7 millions de personnes, un niveau inédit depuis la crise sanitaire. Cette tendance se renforce chez les jeunes. Plus d’un sur deux chez les 18-24 ans se projette dans l’entrepreneuriat. De plus, la moitié des porteurs de projet souhaitent se lancer dans les deux prochaines années. Autre signal fort : 83 % des Français privilégient la France pour entreprendre. L’ancrage territorial reste donc central dans les projets.
Une nouvelle définition de la performance
Ensuite, l’étude bouscule les idées reçues. La créativité et la capacité à innover arrivent en tête des critères de performance pour 49 % des répondants.
Juste derrière, l’épanouissement personnel (48 %) et l’équilibre de vie (39 %) s’imposent comme des priorités. La rémunération, longtemps centrale, passe au second plan. Dans le même esprit, 78 % des Français souhaitent intégrer des critères extra-financiers pour évaluer une entreprise. Satisfaction client, utilité réelle ou résilience deviennent des indicateurs clés.
Un entrepreneuriat plus engagé
Cette évolution se traduit concrètement. Plus d’un Français sur deux (52 %) se dit prêt à accepter une baisse de revenus pour exercer une activité à impact social ou environnemental. Ainsi, la réussite entrepreneuriale ne se limite plus à la croissance. Elle intègre désormais des dimensions humaines, sociétales et durables.
Des freins encore bien présents
Cependant, tout n’est pas simple. 74 % des Français identifient des obstacles à leur passage à l’action. En tête : la peur de l’instabilité financière (53 %). Mais d’autres freins apparaissent aussi, plus psychologiques. Le sentiment de ne pas être légitime, la peur de ne pas être à la hauteur ou l’idée qu’il faut un projet parfait ralentissent de nombreux candidats. Ce phénomène touche particulièrement les jeunes, souvent confrontés à un fort syndrome de l’imposteur.
Une reconnaissance encore insuffisante
Enfin, l’étude met en lumière un paradoxe. Alors que l’entrepreneuriat joue un rôle clé dans l’économie, 65 % des Français estiment que les entrepreneurs ne sont pas assez valorisés en France. Dans ce contexte, les formes d’entrepreneuriat évoluent. Le statut de micro-entrepreneur arrive en tête, signe d’une volonté de tester sans prendre de risques excessifs.
Au final, une certitude se dégage : pour les Français, entreprendre ne se résume plus à gagner plus. Il s’agit désormais de créer du sens, de l’impact… et de trouver sa place.
