Le 28 juillet 2026, la Fédération française de football (FFF) a nommé Zinédine Zidane sélectionneur. Le nouveau technicien a pris ses fonctions le 1er août. Pour mesurer son impact économique, il faut distinguer l’attrait du personnage des revenus que la fédération peut réellement encaisser.
Le premier rassemblement du nouveau sélectionneur a commencé en septembre. Les Bleus jouent notamment en Turquie le 25 septembre. Ensuite, ils doivent accueillir l’Italie le 2 octobre et la Belgique le 5 octobre. Ces rendez-vous offriront aux partenaires leurs premières occasions d’activer cette nouvelle période.
Zidane arrive dans une fédération déjà très courtisée
En juin, la FFF a adopté un budget de 348 millions d’euros pour 2026-2027. Elle prévoit également 161 millions d’euros de recettes issues de partenariats pluriannuels. Or, elle a voté ce budget avant la nomination de Zidane. Ces sommes décrivent donc la puissance commerciale existante de la fédération. Elles ne mesurent pas un « effet Zidane ».
De même, la FFF a renouvelé son partenariat avec Nike dès 2024. Ce contrat court de 2026 à 2034. Selon la fédération, son montant a plus que doublé par rapport au précédent accord. La FFF ne donne toutefois pas de montant annuel précis dans sa communication officielle. Dès lors, attribuer la valeur totale du contrat à Zidane serait trompeur.
À lire aussi
Pour autant, une marque forte peut améliorer une négociation future. Les partenaires peuvent aussi augmenter leurs campagnes autour des Bleus. Mais leur décision dépendra du calendrier, des audiences, des résultats sportifs et des droits disponibles. La présence de Zidane ne garantit donc aucun revenu supplémentaire.
Nike et Adidas : deux contrats, des droits à clarifier
Zidane entretient une relation de longue date avec Adidas. En parallèle, Nike équipe l’équipe de France. Cette coexistence attire l’attention des annonceurs. Elle exige surtout des règles claires pour les tenues, les chaussures, les prises de parole et les campagnes.
Selon L’Équipe, le président de la FFF, Philippe Diallo, a expliqué que Zidane porterait Nike lors des rassemblements. Le journal rapporte une exception pour les chaussures techniques. Il précise aussi que Zidane conserve son partenariat personnel avec Adidas hors du cadre de la sélection. Il s’agit des modalités rapportées par la presse, et non du texte public des contrats.
En pratique, la fédération doit préciser qui peut utiliser l’image du sélectionneur. Une publicité pour les Bleus ne donne pas automatiquement accès à ses droits individuels. À l’inverse, un partenaire personnel ne peut pas s’approprier les signes de la sélection. Ainsi, chaque campagne doit respecter le périmètre prévu par ses accords.
Où chercher un véritable gain économique ?
Un éventuel gain peut venir de plusieurs activités. La FFF pourrait négocier de nouvelles opérations avec ses partenaires. Elle pourrait aussi vendre davantage de produits sous licence ou améliorer les recettes de certains matches. Enfin, les diffuseurs et les entreprises d’événementiel peuvent tirer parti d’un regain d’intérêt. Toutefois, leurs revenus ne deviennent pas automatiquement ceux de la fédération.
Les résultats sportifs compteront beaucoup. Une affiche prestigieuse attire déjà des spectateurs sans Zidane. De plus, une hausse des ventes de maillots ne correspond pas intégralement à un bénéfice pour la FFF : Nike et les distributeurs participent aussi à cette chaîne de valeur. Il faut donc examiner les marges et les droits contractuels avant de parler de « jackpot ».
Une analyse de Sport Stratégies avance des dizaines de millions d’euros de recettes additionnelles possibles. Mais ces projections reposent sur des hypothèses de renégociation et de performance. À ce stade, la FFF n’a publié aucun chiffrage permettant d’isoler un supplément lié au sélectionneur. Son salaire exact ne figure pas non plus dans l’annonce officielle. Par conséquent, aucun calcul sérieux du retour sur investissement n’est possible à partir de ces seules données.
Les indicateurs à suivre jusqu’en 2030
Pour mesurer cet effet, il faudra d’abord comparer les nouveaux contrats commerciaux avec les accords précédents. Ensuite, il faudra suivre les ventes et les marges des produits sous licence. La billetterie, les audiences et les opérations internationales fourniront d’autres indices. Enfin, la FFF devra séparer la contribution de Zidane de celle des joueurs et des résultats.
Cette méthode évite de compter plusieurs fois la même recette. Elle permet aussi de voir si le nouveau sélectionneur attire de nouveaux partenaires ou renforce seulement une base déjà solide. L’histoire économique de Zidane chez les Bleus commence donc avec une marque puissante, mais son effet propre reste à démontrer.
À lire également sur Business Times : comment le GP Explorer attire les sponsors ; la croissance d’Un Bon Maillot sur le marché des maillots de football ; les enjeux économiques de la gouvernance du football.
Illustration : représentation éditoriale de Zinédine Zidane générée par IA ; elle ne documente pas un événement réel.
À lire également sur Business Times
- ActualitésMédias bannis de la Maison-Blanche : une exclusion comparable serait-elle possible en France ?
- ActualitésEPR de Flamanville : pourquoi le réacteur s’arrête près d’un an
- AutresPublicité chirurgie esthétique : ce que le nouveau décret interdit
- ActualitésPrison de Rivesaltes : 166 millions d’euros investis et 570 emplois estimés, mais pas 570 embauches sur place
