Éolien Transition énergétique

Éolien flottant : BW Ideol et NGE s’allient pour accélérer l’industrialisation de la filière en France

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Éolien flottant : BW Ideol et NGE s’allient pour accélérer l’industrialisation de la filière en France

La filière française de l’éolien flottant franchit une nouvelle étape : BW Ideol, spécialiste des fondations flottantes, et le groupe de BTP NGE annoncent la signature d’un partenariat exclusif pour développer le marché de l’éolien flottant en Méditerranée. Au cœur de cette alliance figure le projet Fos3F, qui prévoit la création d’une ligne de fabrication en série de fondations flottantes à Fos-sur-Mer. L’objectif est clair : accompagner le déploiement des futurs parcs éoliens en mer tout en renforçant la souveraineté industrielle française. Cette coopération intervient alors que la France accélère le développement des énergies renouvelables offshore avec le lancement du nouvel appel d’offres AO10.

Une usine pour accompagner l’essor de l’éolien flottant

Grâce à ce partenariat, BW Ideol et NGE poursuivront ensemble le développement du projet Fos3F. Implantée sur la plateforme DEOS du Grand Port Maritime de Marseille, la future ligne de production pourra fabriquer environ 30 fondations flottantes par an, soit une capacité correspondant à près de 500 MW de puissance installée.

Les deux entreprises ont d’ailleurs déposé une candidature commune dans le cadre de l’appel à projets du Grand Port Maritime de Marseille afin d’obtenir un terrain de 30 hectares ainsi que 400 mètres de quai à Fos-sur-Mer. Cette infrastructure permettra de produire les flotteurs destinés aux futurs parcs éoliens installés en Méditerranée.

BW Ideol et NGE : un projet déjà soutenu par d’importants financements publics

Le projet Fos3F bénéficie déjà d’un solide soutien financier. En 2025, il a obtenu 126 millions d’euros d’aides publiques. Cette enveloppe comprend une subvention pouvant atteindre 74 millions d’euros au titre du Fonds européen pour l’innovation ainsi qu’un crédit d’impôt pouvant aller jusqu’à 52 millions d’euros dans le cadre des investissements en faveur de l’industrie verte.

Ces financements visent à accélérer l’industrialisation de la filière française de l’éolien flottant et à renforcer la compétitivité des industriels nationaux sur un marché en forte croissance.

Une complémentarité industrielle au service de la transition énergétique

Avec cet accord, BW Ideol apporte son expertise dans la conception de fondations flottantes en béton grâce à sa technologie brevetée Damping Pool®. De son côté, NGE met à disposition son savoir-faire dans la réalisation d’infrastructures complexes et d’ouvrages de génie civil de grande envergure.

Cette complémentarité permettra aux deux partenaires de proposer une offre intégrée destinée au marché méditerranéen. Le projet s’appuie également sur l’expérience internationale de BW Offshore, maison mère de BW Ideol, et sur les capacités industrielles du quatrième groupe français de BTP. Par ailleurs, cette initiative prolonge l’accord stratégique signé fin 2025 avec Holcim pour la fourniture de béton bas carbone, un matériau destiné à réduire l’empreinte environnementale des futures fondations.

Plus de 1 300 emplois attendus à Fos-sur-Mer

Au-delà de son intérêt industriel, le projet représente un enjeu économique majeur pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Selon les partenaires, plus de 1 300 emplois directs pourraient voir le jour à Fos-sur-Mer grâce à cette nouvelle activité.

L’accord renforce également l’ancrage territorial des deux entreprises. BW Ideol est installée à La Ciotat depuis sa création en 2010, tandis que NGE est implantée à Saint-Étienne-du-Grès, dans les Bouches-du-Rhône. Cette proximité devrait faciliter le développement de la future filière industrielle.

L’appel d’offres AO10 change d’échelle

Cette annonce intervient alors que l’État lance l’appel d’offres AO10, qui porte à plus de 5 GW les capacités cumulées d’éolien flottant prévues en France, dont 3,7 GW en Méditerranée.

Pour BW Ideol et NGE, cette montée en puissance ouvre d’importantes perspectives. Les deux groupes estiment que le marché nécessitera plus de 200 fondations flottantes entre 2030 et 2037, ce qui justifie la mise en place d’une capacité de production industrielle dès aujourd’hui.

En structurant cette nouvelle filière, les deux partenaires entendent répondre aux besoins croissants de la transition énergétique tout en favorisant une production locale. L’éolien flottant apparaît ainsi comme un levier stratégique pour développer une énergie décarbonée, renforcer l’industrie française et soutenir l’emploi sur le territoire.