La cosmétique française a présenté ses priorités économiques à sept représentants d’équipes politiques, le 14 octobre 2026, en ouverture du salon Cosmetic 360. Cosmetic Valley et la Fédération des entreprises de la beauté (FEBEA) souhaitent obtenir des engagements sur les conditions de production en France et l’accès aux marchés étrangers. Leur communiqué expose leurs demandes, sans détailler les réponses apportées par les participants.
Selon les deux organisations, la parfumerie-cosmétique représente 226 000 emplois et 71 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Elles font état de 22,4 milliards d’euros d’exportations en 2025 et présentent la filière comme le deuxième contributeur net à la balance commerciale française. Ces chiffres donnent la mesure des intérêts qu’elles entendent défendre pendant la campagne.
La cosmétique française chiffre le risque commercial américain
Premier sujet porté devant les équipes politiques : les débouchés internationaux. Sur le marché américain, les pertes liées aux nouveaux droits de douane sont estimées par le secteur à près de 800 millions d’euros. Le communiqué ne précise ni la période concernée ni la méthode de calcul. Ce montant doit donc se lire comme une estimation professionnelle, et non comme une perte comptable consolidée.
Les organisateurs demandent un accompagnement renforcé des TPE, PME et ETI à l’international. Ils défendent la diversification des exportations et le soutien aux accords commerciaux, tout en réaffirmant leur attachement au libre-échange et au règlement diplomatique des différends.
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Pour un fabricant, la répartition d’un droit de douane supplémentaire entre fournisseur, importateur et client final peut modifier la marge ou le prix de vente. Toutefois, le communiqué ne documente pas ces arbitrages par entreprise. Il pointe surtout une concurrence entre filières nationales, en citant le soutien apporté par la Corée à la K-beauty.
Eaux usées : un financement européen contesté
La filière demande également une révision du financement prévu par la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines, dite DERU II. Elle souhaite que la contribution financière repose sur une évaluation scientifique de la pollution attribuable à chaque secteur.
Le cadre européen est déjà adopté. Comme le précise le Conseil de l’Union européenne sur le traitement des eaux usées, les producteurs de médicaments et de cosmétiques doivent financer au moins 80 % des coûts supplémentaires du traitement quaternaire. Cette étape vise à éliminer les micropolluants. Le mécanisme relève de la responsabilité élargie des producteurs, selon le principe du pollueur-payeur.
La demande des organisations professionnelles porte donc sur la révision d’un dispositif existant. Elle ne constitue ni une suspension des obligations ni une nouvelle règle applicable aux entreprises. Le communiqué ne donne pas de montant permettant de calculer la future contribution d’une PME cosmétique.
Emballages : adapter les produits et les outils industriels
Autre dossier européen : le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages, connu sous le sigle PPWR. Cosmetic Valley et la FEBEA réclament une mise en œuvre tenant davantage compte des capacités d’adaptation industrielles.
Selon le calendrier présenté par le Conseil de l’Union européenne, le règlement est entré en application le 12 août 2026. Ses différentes exigences suivent toutefois des échéances propres. Son objectif est de réduire les déchets et d’améliorer la circularité des emballages.
Pour les entreprises de beauté, les choix de contenants concernent aussi les fournisseurs, les équipements de remplissage et la protection des formules. Une modification peut ainsi demander des essais et des investissements avant la commercialisation. Les initiatives de recharge, comme celles présentées dans notre article sur les recharges développées par Pierre Fabre, illustrent les adaptations déjà engagées dans le secteur.
Soutenir aussi les usines déjà implantées en France
Les deux organisations demandent enfin que les entreprises présentes dans les territoires bénéficient d’un soutien comparable à celui mobilisé pour attirer les investisseurs étrangers. Leurs priorités concernent l’extension des sites, leur modernisation et leur décarbonation. Elles souhaitent aussi préserver l’innovation et soutenir l’apprentissage face aux difficultés de recrutement industriel.
Ce besoin de visibilité rejoint les arbitrages évoqués dans notre analyse de l’activité manufacturière française et de ses commandes. Un projet de capacité engage des dépenses sur plusieurs années, alors que les débouchés et les coûts peuvent évoluer rapidement.
À travers cette audition, la cosmétique française cherche donc à faire préciser les choix du prochain quinquennat. Le programme officiel du débat de Cosmetic 360 prévoyait de confronter les visions des représentants politiques. Reste à connaître leurs engagements chiffrés, les financements envisagés et les calendriers proposés : ces éléments ne figurent pas dans le compte rendu transmis par la filière.
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