La Fonderie de Bretagne arrive au terme de sa période de poursuite d’activité. Europlasma confirme, dans son communiqué du 15 octobre, que le tribunal de commerce de Lorient a prononcé la liquidation judiciaire de sa filiale FDB Industries. La décision confirme l’annonce faite par le délégué CGT Maël Le Goff à la sortie de l’audience, rapportée par l’AFP.
Pour les 244 salariés, la perspective est désormais celle des licenciements économiques. La disparition de cette activité touche aussi un savoir-faire industriel installé près de Lorient depuis six décennies.
Fonderie de Bretagne : la reprise de 2025 n’a pas tenu
La présentation historique de l’entreprise situe le démarrage de sa première ligne de production au 1er juillet 1966. L’usine fabrique des pièces en fonte, notamment pour les châssis, les moteurs et les boîtes de vitesses automobiles.
Après un retour dans le groupe Renault en 2009, le site passe sous le contrôle de Callista en novembre 2022. Puis Europlasma reprend l’activité à compter du 1er mai 2025. Ce dernier projet devait maintenir les productions historiques tout en ouvrant de nouveaux débouchés, en particulier dans la défense.
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Le plan présenté par Europlasma le 28 avril 2025 annonçait le maintien de 266 emplois, soit près de 90 % des effectifs d’alors. Le chiffre de 244 salariés cité aujourd’hui correspond à une autre date ; il ne faut pas confondre ces deux périmètres.
Des engagements financiers qui ne prouvent pas les versements
Le montage de 2025 reposait sur plusieurs soutiens. Europlasma annonçait 25,8 millions d’euros de Renault pour accompagner la diversification, jusqu’à 18,8 millions de dispositifs publics et 15 millions de fonds propres du repreneur, répartis sur trois ans.
Ces montants décrivaient des engagements et des dispositifs annoncés. Ils ne permettent pas d’affirmer que l’ensemble des fonds a été versé ou consommé. Leur addition ne constituerait donc pas un bilan des sommes effectivement perdues dans le dossier.
L’enjeu industriel dépassait aussi le financement initial. Pour remplacer une partie des débouchés automobiles, il fallait obtenir des commandes et financer la production jusqu’aux encaissements. Les dépenses d’équipement, les qualifications nécessaires aux nouveaux produits et les délais commerciaux devaient s’articuler avec les besoins immédiats de trésorerie.
Cette équation figurait déjà dans notre analyse des offres de reprise de Duralex examinées en septembre, qui distinguait le financement de l’outil industriel de celui de la relance commerciale.
Un sinistre a interrompu la production pendant six mois
Dans sa communication du 15 octobre, Europlasma rappelle qu’un sinistre survenu en janvier 2026 a entraîné six mois d’interruption de production. Le groupe mentionne ce contexte pour expliquer sa demande d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire.
Le 17 juillet, Europlasma avait annoncé que le tribunal autorisait la poursuite de l’activité jusqu’au 15 octobre. Le calendrier devait permettre la recherche d’une solution. Aucune reprise n’a finalement abouti.
L’incendie ne suffit toutefois pas, à lui seul, à établir toutes les causes de l’échec. Les documents consultés ne dressent pas un bilan contradictoire des responsabilités, de l’exécution des engagements financiers ou des perspectives commerciales du site.
Pour les donneurs d’ordre, la continuité devient un coût
La liquidation de la Fonderie de Bretagne pose également la question de la dépendance à une capacité de production. Lorsqu’un fournisseur industriel disparaît, une solution de remplacement exige parfois des essais, des outillages et une validation des pièces. Le prix unitaire ne mesure alors qu’une partie du coût d’achat.
Ce risque de continuité est aussi au cœur de notre article sur Maury Imprimeur et la sécurisation de la chaîne d’impression. Pour les clients industriels, identifier une alternative avant la rupture peut éviter de subir tout le délai de qualification au dernier moment.
À Caudan, les suites immédiates concernent désormais l’accompagnement des salariés et le devenir des équipements. Leur traitement déterminera ce qui pourra subsister des capacités industrielles du site après la liquidation.
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