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Chiffre d’affaires de Safran : le LEAP et les services progressent

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Le chiffre d’affaires de Safran atteint 9 milliards d’euros en données ajustées au troisième trimestre 2026, en hausse de 14,7 %. Le groupe confirme ses objectifs annuels. Derrière les livraisons de moteurs, la maintenance reste un autre ressort de croissance, tandis que la défense exige de nouvelles capacités industrielles.

Chiffre d’affaires de Safran : le LEAP et les services progressent

Le chiffre d’affaires de Safran progresse de 13,4 % à périmètre et change constants, selon sa publication du 23 octobre. Le chiffre consolidé atteint, lui, 8,89 milliards d’euros. Il faut donc préciser la base retenue lorsqu’on compare les performances.

Une hausse des ventes ne décrit toutefois pas, à elle seule, l’évolution du bénéfice. Pour les fournisseurs et partenaires industriels, la question est aussi de savoir quelles activités progressent et quels moyens de production elles mobilisent.

Le chiffre d’affaires de Safran bénéficie de deux marchés

CFM a livré 535 moteurs LEAP au troisième trimestre, soit 5 % de plus sur un an. Sur neuf mois, le total atteint 1 565 unités, en hausse de 26 %. Ces deux rythmes portent sur des périodes différentes et ne doivent pas être confondus.

Le LEAP est produit par CFM International, coentreprise détenue à parts égales par Safran Aircraft Engines et GE Aerospace. La présentation du programme par GE Aerospace confirme ses applications sur les familles Airbus A320neo, Boeing 737 MAX et COMAC C919.

La distinction compte : un moteur livré ne correspond pas à un avion livré. Chaque appareil de ces familles en utilise deux ; des moteurs sont aussi destinés au remplacement. On ne peut donc pas convertir directement la production de CFM en livraisons d’avions neufs.

L’enjeu de coordination avec les avionneurs rejoint celui décrit dans notre article sur les livraisons et les capacités de production d’Airbus. Un programme industriel dépend de la disponibilité de l’ensemble de ses équipements, pas seulement de ses moteurs.

Les moteurs en service alimentent une autre activité

Les ventes de pièces de rechange pour moteurs civils augmentent de 17 % en dollars sur le trimestre. Les services progressent de 19 %, notamment grâce aux contrats LEAP à l’heure de vol.

Ces revenus répondent à une logique différente de la première monte, qui équipe les avions neufs. Une flotte déjà en exploitation doit être entretenue. Les interventions peuvent mobiliser des pièces, du temps d’atelier et des prestations suivies sur plusieurs années.

Pour un industriel, cela signifie que le nombre de moteurs fabriqués pendant un trimestre ne résume pas son marché. La flotte installée et son utilisation comptent également. Pour les compagnies aériennes, l’enjeu opérationnel porte sur la disponibilité des appareils : une maintenance retardée peut prolonger une immobilisation.

La croissance de cette activité impose donc de dimensionner les moyens de réparation parallèlement aux capacités de fabrication. Elle engage des compétences et des stocks qui ne se remplacent pas instantanément par une hausse de budget.

La défense prépare ses moyens pour 2030

Dans une déclaration rapportée par l’AFP le 23 octobre, Olivier Andriès dit envisager un doublement du chiffre d’affaires des activités de défense entre 2025 et 2030. Il s’agit d’une ambition pour ce périmètre, et non d’un objectif de doublement de tout Safran.

Un investissement annoncé en juin donne un exemple concret de cette préparation. Le projet de Montluçon prévoit 120 millions d’euros pour étendre et moderniser le site. Safran vise une capacité annuelle de 30 000 gyroscopes HRG en 2032, contre 10 000 au moment de l’annonce.

Ces échéances industrielles dépassent celles d’un exercice comptable. La transformation de capacités annoncées en production effective dépend ensuite des équipements, des équipes et des commandes. Notre analyse des projets de drones militaires de Renault pose cette même distinction entre capacité et activité réelle.

Pour 2026, Safran maintient une croissance du chiffre d’affaires d’environ 15 % et un résultat opérationnel courant de 6,4 à 6,5 milliards d’euros. La fin d’année permettra de confronter ces objectifs aux livraisons effectivement réalisées et aux revenus de maintenance.