Accélérer l’égalité professionnelle : la transparence salariale au cœur du défi

Par Warner Altarac |
Accélérer l’égalité professionnelle : la transparence salariale au cœur du défi

À l’occasion de la prochaine Journée internationale des droits des femmes, le cabinet KYU publie une analyse actualisée des chiffres clés de l’égalité professionnelle en France. Alors que la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale, initialement attendue avant juin 2026, ne devrait finalement être examinée par l’Assemblée nationale qu’à partir de septembre, le calendrier législatif évolue — mais l’exigence d’action, elle, demeure.

Un cadre juridique renforcé, des écarts persistants

Depuis la loi Roudy (1983) jusqu’aux obligations renforcées de négociation collective issues de la loi Génisson (2001), puis aux exigences de représentation équilibrée dans les instances fixées par la loi Rixain (2021), désormais pleinement applicables, le principe d’égalité professionnelle constitue un pilier du droit social français.

Pourtant, les indicateurs traduisent une égalité encore inaboutie. En 2024, le taux d’activité des femmes âgées de 15 à 65 ans demeure inférieur de 6 points à celui des hommes. À poste comparable en équivalent temps plein, l’écart salarial mensuel net moyen persiste à hauteur de 3,6 %, révélant des inégalités allant au-delà des effets de structure.

Des disparités marquées selon les secteurs

Les écarts demeurent particulièrement marqués chez les cadres (15 %) et dans certains secteurs, comme la banque et l’assurance (33 %), traduisant des dynamiques différenciées selon les environnements économiques. À l’inverse, certains secteurs tels que le bâtiment et les travaux publics ou les transports atteignent désormais un niveau d’équilibre plus avancé.

Si la féminisation des conseils d’administration progresse sous l’effet de la loi Copé-Zimmermann (2011), l’accès des femmes aux fonctions exécutives reste limité : 38 % des femmes cadres occupent un rôle managérial, contre 42 % des hommes, et seules 12 % dirigent des équipes de plus de dix personnes, contre 21 % des hommes. Ces chiffres illustrent la persistance d’un plafond de verre structurel. À l’aune de ces évolutions, la Journée internationale des droits des femmes ne saurait se limiter à un temps symbolique : elle marque une étape d’accélération pour inscrire l’égalité professionnelle au cœur des priorités stratégiques de gouvernance.

La transparence salariale impose aux entreprises un renforcement de leurs dispositifs de pilotage, une fiabilisation des données et une objectivation des écarts. Au-delà de la conformité, elle représente une opportunité structurante pour renforcer la crédibilité des politiques RH, fidéliser les talents et soutenir une performance durable.

Le cabinet KYU accompagne les organisations dans l’anticipation de cette directive européenne, l’audit des pratiques de rémunération et la définition de plans d’action structurants afin de transformer une obligation réglementaire en avantage compétitif.