Alors que l’IAtransforme rapidement le monde du travail, une question revient régulièrement chez les salariés et les managers : comment continuer à se démarquer dans un environnement de plus en plus automatisé ? Si les technologies peuvent analyser des données, produire des rapports ou automatiser certaines tâches organisationnelles, elles restent encore incapables de reproduire certaines compétences humaines fondamentales.
C’est le constat dressé par Michaela Merk, experte en intelligence relationnelle, émotionnelle et leadership à Audencia. Dans son ouvrage Le pouvoir de l’intelligence relationnelle : 30 règles d’or pour un leadership gagnant et des équipes performantes, publié récemment aux éditions Dunod en français et en anglais, elle identifie cinq compétences clés qui demeurent, selon elle, irremplaçables par l’intelligence artificielle.
Cinq compétences relationnelles décisives
La première est l’empathie, c’est-à-dire la capacité à comprendre les émotions et les besoins d’autrui. Dans un contexte professionnel, cette compétence permet d’anticiper les attentes d’une équipe ou d’un collaborateur et d’adapter son management.
Deuxième pilier : la confiance. Construire des relations solides et durables constitue un facteur essentiel de performance collective. Selon Michaela Merk, les organisations où la confiance est forte enregistrent généralement un engagement plus élevé des collaborateurs.
La troisième compétence est la passion, qui permet d’inspirer et de mobiliser une équipe autour d’un projet commun. À l’heure où de nombreuses tâches deviennent automatisées, la capacité d’un leader à transmettre une vision et à motiver ses équipes reste déterminante.
Vient ensuite la gratitude, souvent sous-estimée dans les organisations. Exprimer la reconnaissance envers ses collaborateurs renforce la motivation et contribue à la fidélisation des talents, un enjeu stratégique pour de nombreuses entreprises.
Enfin, la fierté joue un rôle structurant dans la construction d’un sentiment d’appartenance. Elle peut concerner l’entreprise, l’école ou même un pays, et participe à la cohésion des groupes.
Un levier aussi dans les relations internationales
Pour Michaela Merk, ces compétences ne se limitent pas au monde de l’entreprise. Les mêmes mécanismes s’appliquent également dans les relations personnelles ou dans les interactions entre cultures différentes.
L’experte, qui a animé plusieurs conférences au Moyen-Orient, souligne également le rôle de l’intelligence relationnelle dans les relations internationales. Elle cite notamment l’exemple de Qabous ibn Saïd, sultan d’Oman pendant près de 50 ans, jusqu’à son décès en 2020.
Dès les années 1970, le dirigeant omanais a mis en place une diplomatie basée sur la confiance, le dialogue et la compréhension interculturelle. Cette approche a permis au pays de devenir un acteur de médiation reconnu dans plusieurs négociations régionales, notamment entre les États du Golfe.
À travers cet exemple, Michaela Merk rappelle que la diplomatie comme le management reposent avant tout sur la capacité à créer des liens durables et respectueux. Dans un monde où les tensions géopolitiques se multiplient, ces compétences humaines pourraient ainsi devenir encore plus précieuses à l’ère de l’intelligence artificielle.
