Recrutements saisonniers : entreprises et commerces face à un casse-tête estival

Par Warner Altarac |
Recrutements saisonniers : entreprises et commerces face à un casse-tête estival

À l’approche de l’été, de nombreux secteurs doivent renforcer leurs équipes pour absorber les pics d’activité. Hébergement-restauration, agriculture, commerce de détail, industrie agroalimentaire ou encore transports et entreposage figurent parmi les plus concernés. Mais recruter rapidement et en volume devient de plus en plus complexe.

Selon une enquête nationale menée en mars 2026 par Staff & Go auprès de 3 075 entreprises, 47 % des employeurs n’ont pas réussi à pourvoir l’ensemble de leurs postes saisonniers. Une difficulté qui s’inscrit dans un marché du travail sous tension, marqué par une concurrence accrue entre employeurs et par des contraintes administratives lourdes.

Des besoins importants mais difficiles à satisfaire

Les cinq secteurs les plus saisonniers représentent à eux seuls environ 467 600 projets de recrutements en France, soit 62 % de l’ensemble des besoins saisonniers, d’après les données BMO 2025 de France Travail. L’hébergement-restauration arrive largement en tête avec 190 300 postes, suivi de l’agriculture (171 700), du commerce de détail (61 400), de l’industrie agroalimentaire (25 300) et des transports-entreposage (19 000).

Dans ces secteurs, 61 % des entreprises déclarent prévoir des recrutements saisonniers pour l’été 2026. Toutefois, la majorité des besoins reste limitée : 41 % des entreprises recrutent moins de 10 saisonniers, tandis que 13 % recherchent entre 10 et 49 personnes. Les besoins supérieurs à 100 recrutements ne concernent que 2 % des structures.

Malgré ces volumes parfois modestes, près d’une entreprise sur deux rencontre des difficultés. Si 53 % des employeurs affirment avoir pourvu 100 % de leurs postes, 21 % n’en ont rempli que 75 %, 13 % la moitié et 8 % aucun.

Des recrutements encore très locaux

Pour trouver leurs saisonniers, les entreprises privilégient d’abord des réseaux de proximité. 49 % réembauchent d’anciens saisonniers, 42 % s’appuient sur les candidatures spontanées et 38 % sur le bouche-à-oreille local. Les canaux numériques restent secondaires : 25 % utilisent les réseaux sociaux et 22 % les sites d’emploi généralistes.

Mais au-delà du recrutement lui-même, la gestion administrative constitue un obstacle majeur. Selon l’étude, 67 % des employeurs consacrent plus de 30 minutes aux formalités administratives pour chaque embauche. Pour une entreprise recrutant 100 saisonniers, cela peut représenter jusqu’à 125 heures de travail, soit près de trois semaines à temps plein.

Les principales sources d’erreurs concernent la rédaction et l’envoi des contrats (27 %) et les formalités préalables comme la DPAE (22 %).

Les mineurs, une solution encore limitée

Face à la pénurie de main-d’œuvre, certains employeurs envisagent de recruter des mineurs. Pourtant, 75 % des entreprises jugent cette option difficile à mettre en œuvre. Les principaux freins évoqués sont les contraintes légales et administratives (43 %), l’incompatibilité des missions proposées (38 %) et des horaires de travail inadaptés (35 %).

Ces obstacles montrent que le recrutement saisonnier ne se résume plus à une simple question d’attractivité. Entre pénurie de candidats, lourdeur administrative et incertitudes économiques, de nombreuses entreprises doivent désormais repenser leur organisation pour réussir leur saison estivale.