À l’heure où les transformations technologiques, environnementales et géopolitiques s’accélèrent, la formation des dirigeants devient un levier stratégique. Cédric Denis-Rémis, Vice-Président exécutif en charge de l’Executive Education et des Relations entreprises et Directeur de ESCP School of Technology, revient sur le rôle des grandes écoles, et notamment de ESCP Business School, dans cette montée en compétences.
Face aux mutations rapides de l’économie, quel rôle une école comme ESCP peut-elle jouer ?
C.D-R : «Le rythme des transformations s’est considérablement accéléré. Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas seulement d’acquérir des compétences, mais de comprendre ce qui change réellement. Une école comme ESCP offre un espace de recul : elle permet d’analyser, de confronter les points de vue et de structurer la réflexion. La capacité à interpréter devient une compétence clé pour décider et agir avec discernement ».
Comment vous distinguez-vous sur le marché de la formation continue ?
C.D-R : «Ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est la capacité à relier des expertises souvent cloisonnées. Les entreprises attendent des dirigeants capables d’articuler technologie, management et enjeux globaux. À ESCP, nous combinons apports académiques et échanges entre pairs, dans un environnement qui favorise la prise de recul, notamment sur notre campus Executive Education à Paris ».
Comment intégrez-vous les compétences hybrides dans vos programmes ?
C.D-R : «Nous renforçons la transversalité. Les dimensions technologiques, environnementales et internationales sont davantage intégrées, avec des formats plus flexibles. L’objectif n’est pas de former des spécialistes de chaque domaine, mais de permettre aux dirigeants de dialoguer avec les experts, de comprendre les implications des innovations et d’arbitrer dans la complexité croissante des environnements économiques ».
Quels nouveaux programmes développez-vous ?
C.D-R : «Nous avons lancé la School of Technology, dont la première promotion est prévue en 2027, pour renforcer la culture scientifique des dirigeants. La School of Governance, attendue en 2029, intégrera davantage les enjeux géopolitiques et institutionnels. Ces initiatives s’inscrivent dans notre stratégie visant à construire la première université européenne de management à horizon 2030 ».
Comment travaillez-vous avec les entreprises ?
C.D-R : «Nous partons toujours du réel : les transformations vécues par les dirigeants. Le dialogue avec les entreprises permet d’ancrer les programmes dans des situations concrètes. Mais notre rôle est aussi d’apporter du recul, d’analyser et de structurer ces expériences. C’est cette articulation qui permet de mieux comprendre pour mieux décider, avec une vision plus éclairée et durable ».
