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L’apprentissage se stabilise après cinq ans de forte croissance

Par Nathan Guillemant |
L’apprentissage se stabilise après cinq ans de forte croissance

Après cinq années de croissance exceptionnelle, l’apprentissage entre dans une phase de stabilisation. Les derniers chiffres montrent une baisse des contrats contenue, autour de 4 % sur un an. Cet ajustement conjoncturel ne remet pas en cause l’efficacité du dispositif. L’apprentissage reste l’un des investissements publics les plus performants.

Un modèle de formation transformé

La France compte plus de 850 000 apprentis en 2023. Ce chiffre témoigne d’une transformation profonde du modèle de formation. Des aides ambitieuses ont soutenu cette dynamique. Elles soulèvent aujourd’hui des questions légitimes sur le coût, la concentration dans le supérieur ou les effets d’aubaine. Réduire l’apprentissage à une ligne budgétaire serait une erreur d’analyse. La vraie question porte sur le retour sur investissement économique et social.

Une réponse directe aux tensions de recrutement

L’apprentissage forme des compétences immédiatement opérationnelles. 45 % des entreprises déclarent rencontrer des difficultés de recrutement. Le dispositif constitue une réponse directe aux pénuries structurelles de main-d’œuvre. Selon la Dares, près de 70 % des apprentis diplômés accèdent à l’emploi dans les six mois. Ce taux dépasse nettement celui de nombreuses formations scolaires équivalentes.

Un problème d’orientation plus que de débouchés

Pour la Fondation Innovations pour les Apprentissages (FIPA), qui fédère 32 entreprises, l’enjeu actuel n’est pas un désengagement des employeurs. Le problème vient de l’orientation persistante des jeunes. Chaque année, des milliers de contrats ne trouvent pas de candidats. Les pouvoirs publics estiment à 430 000 le nombre d’emplois vacants. Industrie, artisanat, logistique, maintenance, services à la personne : ces filières offrent des débouchés durables. Elles restent insuffisamment valorisées.

Un levier pour l’emploi des moins qualifiés

L’efficacité économique globale de l’apprentissage dépend de sa capacité à accueillir les jeunes les moins qualifiés. Pour eux, la formation en situation réelle constitue souvent la seule voie d’accès stable à l’emploi. Soutenir les CFA et les entreprises qui s’engagent sur ces publics relève d’un impératif social. C’est aussi une condition de performance économique. Ces métiers techniques et intermédiaires concentrent les tensions de recrutement les plus critiques.