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Facturation électronique

Iopole et la facturation électronique : une opportunité pour les entreprises ?

Par Benoît Morin | Publié le 16/07/2025

Motivée par des raisons économiques comme environnementales, la facturation électronique deviendra une obligation pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, au 01 septembre 2027 après avoir concerné les grands groupes et les ETI dès le 01 septembre 2026. L’adaptation à cette nouvelle réglementation, et le déploiement d’outils en conséquence représente bien sûr un défi pour les entreprises. Pourtant, il est également possible d’y voir une source d’opportunités. C’est ce que nous expliquent Dorian Keiflin et Nicolas Saudemont, PDG et Directeur Commercial, cofondateurs de Iopole.

En quoi la facturation électronique est-elle un défi pour les entreprises ?

D.K. : « Bien que s’inscrivant dans une démarche plus globale de dématérialisation des échanges administratifs initiée depuis plusieurs années, et qui va dans le sens du progrès technique, la facturation électronique touchera d’ici 2027 ─ autant dire demain ! ─ l’ensemble des entreprises. Or, un grand nombre d’entre elles ignorent en réalité ce que cela signifie. La facturation électronique va bien plus loin que l’envoi d’un pdf par mail ! Il s’agit en effet d’un échange de données informatisées, ou EDI. Une PDP (plateforme de dématérialisation partenaire) que l’Etat agrée, comme Iopole, doit impérativement prendre en charge l’échange.

Les factures doivent répondre à un certain nombre de critères précis, tels que définis par le législateur. Elles doivent être édités dans l’un des trois formats acceptés (Factur-X, UBL, CII). Or, intégrer ces nouveaux éléments dans les logiciels de facturation tout en prenant en compte certaines pratiques spécifiques (affacturage, encaissement pour compte de tiers par exemple) soulève bien des problématiques, opérationnelles bien sûr, mais également techniques. Les éditeurs de logiciels, pour lesquels nous proposons nos services, ont ainsi du mal à intégrer ces nouvelles obligations dans leurs solutions et à mettre en conformité leurs propositions. C’est d’ailleurs dans cette optique que Iopole propose ses solutions sous forme de marque blanche. »

Quels conseils donneriez-vous aux entreprises pour une transition simple ?

N.S : « Tout d’abord d’anticiper, même si cela relève du simple bon sens. Le déploiement de nouvelles solutions informatiques peut s’avérer long, durer plusieurs mois ; et la précipitation ne peut qu’amener des erreurs. Réaliser une cartographie, tant des outils déjà existant dans l’entreprise que des besoins réels permet de déployer les solutions les plus à même de répondre aux cas d’usage concrets. Un changement de logiciel n’est ainsi pas forcément nécessaire si celui déjà en place répond aux besoins concrets.

La notion d’interopérabilité entre les différents systèmes est aussi essentielle, et c’est pour cette raison que Iopole propose des API pouvant s’implémenter simplement et rapidement sur la plupart des solutions disponibles sur le marché. Enfin, il est crucial de s’assurer que le PDP choisi est bien agréé par la DGFiP. Mais bien que cette transition de la facturation traditionnelle à la facturation électronique puisse être complexe, nous sommes convaincus qu’elle peut représenter ─ si elle est bien menée ─ une source d’opportunités pour les entreprises. »

Pouvez-vous nous en dire plus sur ces opportunités ?

N.S : « Il faut revenir aux motivations de la facturation électronique. Tout d’abord, et même si ce point peut faire débat du fait des consommations des serveurs, elle peut réduire l’impact de l’activité économique sur l’environnement via la suppression du papier. Ensuite, en apportant un accès à des réseaux internationaux tels que l’européen Peppol, aujourd’hui utilisé par la quasi-totalité des acteurs ; cela apporte plus de facilité et d’interopérabilité entre les entreprises dans les échanges internationaux. L’un des objectifs de la facturation électronique est bien sûr fiscal, pour réduire la fraude à la TVA. Mais cela permet aux services de l’Etat d’avoir une connaissance plus fine de la situation économique des entreprises.

On peut ainsi imaginer des aides plus ciblées si, hélas, une nouvelle pandémie apparaissait. Mais également ─ et c’est un objectif à terme ─ des déclarations de TVA préremplies, à l’instar du prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu, simplifiant les procédures pour les entreprises et leur faisant économiser du temps et de l’énergie.

Au niveau des entreprises, la facturation électronique réduit le risque d’erreur, et permet une simplification des process, évitant aussi des tâches chronophages et donc un redéploiement des salariés vers des missions à plus forte valeur ajoutée. À mon sens, cette transition représente pour les entreprises une excellente occasion de revoir les process internes, pour gagner en productivité par exemple. De plus, en apportant la certitude que les factures ont bien été reçues et réduisant les délais de paiement, la facturation électronique a un impact positif important sur la trésorerie des entreprises. Point important dans un contexte tendu comme celui que nous connaissons aujourd’hui. »

Pourquoi avez-vous fait le choix de proposer vos solutions aux éditeurs plutôt que directement aux entreprises ?

D.K. : « À bien y réfléchir, la facturation électronique ─ comme la dématérialisation en général d’ailleurs ─ touche à des enjeux transversaux. Comme celui de la souveraineté, mais aussi de la sécurité. C’est pour cette raison que tous les PDP doivent être certifiés, notamment ISO 27001. Nous respectons dans nos solutions toutes les normes relatives à la sécurité des données (RGPD, CCPA…). Iopole utilise des serveurs implantés en France et dans l’UE. Nous veillons à ce que les outils que nous utilisons pour nos développements restent a minima européens. Et ce, quand il est impossible de ne recourir qu’à des solutions françaises.

Nous sommes également très attachés à ce que les outils que nous proposons restent en permanence disponibles. En effet, il s’agit là d’un point essentiel. Les entreprises doivent pouvoir émettre et recevoir leurs factures même si leurs partenaires rencontrent des problèmes techniques. Or, les entreprises françaises émettent en moyenne plus de deux milliards de factures par an, soit quatre milliards de documents à traiter. Cela implique une importante disponibilité pour répondre à ce volume, et adresser nos solutions aux éditeurs sous la forme d’une API pouvant s’implémenter dans n’importe quel système (intégrant la transmission en respect de la conformité et en y ajoutant la partie archivage a valeur probante, le processus d’identification automatisé des clients finaux et le cachet électronique des factures) participe à cette disponibilité en continu ».

N.S. : « Nos clients restent les éditeurs. Toutefois, Iopole est conscient du retard qu’un très grand nombre d’entreprises prennent dans l’adoption de la facturation électronique. Nous avons donc mis en place une sandbox. Les entreprises disposent en outre d’un accès gratuit. Ainsi, elles peuvent mieux appréhender les enjeux et découvrir quels seraient leurs cas d’usages particuliers via des simulations. Cela participe au perfectionnement de nos solutions tout en apportant des éclairages essentiels aux entreprises. Le tout en décomplexifiant l’adoption de la facturation électronique ».

Plus d’infos sur Iopole :

Site : www.iopole.com
Mail : contact@iopole.com