Le Fonds Monétaire International (FMI) a revu à la hausse ses perspectives économiques. Dans son rapport publié le 29 juillet 2025, l’institution prévoit désormais une croissance mondiale de 3,0 % en 2025 et 3,1 % en 2026. Une révision positive par rapport aux projections d’avril dernier, mais qui ne dissipe pas les incertitudes.
Pourquoi la prévision de croissance mondiale est relevée ?
Selon le FMI, cette amélioration s’explique avant tout par un phénomène d’achats anticipés. Craignant une forte hausse des droits de douane, notamment aux États-Unis, de nombreuses entreprises ont avancé leurs commandes, ce qui a soutenu le commerce mondial au premier semestre.
Par ailleurs, les tarifs douaniers finalement imposés se sont révélés moins élevés que prévu. L’affaiblissement du dollar et des mesures de relance budgétaire dans plusieurs grandes économies ont également contribué à stimuler l’activité. Les marchés financiers ont rebondi et les conditions de financement se sont assouplies.
Croissance par zones : qui tire son épingle du jeu ?
Pour les pays avancés : +1,5 % en 2025. Les États-Unis devraient progresser de +1,9 %, portés par les investissements des entreprises et un climat financier favorable. La zone euro afficherait +1,0 %, en grande partie grâce au dynamisme exceptionnel des exportations irlandaises.
Pour les pays émergents et en développement : +4,1 %. La Chine voit sa prévision fortement relevée à +4,8 % grâce à une baisse des droits de douane sino-américains et à des exportations soutenues. L’Inde resterait la grande économie la plus dynamique avec +6,4 %.
Inflation : vers une accalmie… mais pas partout
L’inflation mondiale devrait ralentir à 4,2 % en 2025 puis 3,6 % en 2026. Toutefois, elle resterait supérieure à l’objectif dans certaines grandes économies, notamment aux États-Unis. En revanche, la zone euro devrait connaître une inflation plus modérée.
Des risques économiques toujours présents
Si la croissance mondiale paraît plus robuste qu’anticipé, le FMI souligne que les menaces sont nombreuses :
- Tensions commerciales : la trêve actuelle entre Washington et Pékin pourrait prendre fin, entraînant un relèvement des droits de douane.
- Déficits publics élevés : aux États-Unis, en France ou au Brésil, ils pourraient fragiliser la stabilité financière.
- Géopolitique : un regain de tensions au Moyen-Orient ou en Ukraine pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement et faire grimper les prix de l’énergie.
- Effet temporaire : l’impact positif des achats anticipés pourrait s’estomper en 2026, ralentissant l’activité.
Le message du FMI : rester prudent
Pour éviter un retournement brutal, le FMI appelle les gouvernements à stabiliser les relations commerciales, à renforcer leurs finances publiques et à adopter des politiques économiques claires et prévisibles. Les banques centrales devront ajuster leurs stratégies en fonction des réalités locales : resserrer la politique monétaire là où l’inflation résiste, l’assouplir là où la demande fléchit.
En résumé, la croissance mondiale bénéficie d’un souffle temporaire grâce à des achats anticipés et à des conditions financières plus favorables. Mais sans solutions durables aux tensions commerciales et géopolitiques, ce sursaut pourrait n’être qu’un répit de courte durée.
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