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Liquidation d’André : la dernière reprise n’a pas tenu

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La liquidation d’André met fin à la dernière tentative de relance d’une enseigne vieille de 130 ans. Trente salariés restaient chez Heritage 1896, la société exploitante. Derrière cette décision se dessine une difficulté très concrète : reconstruire un commerce rentable avec des loyers et des charges à payer chaque mois.

Liquidation d’André : la dernière reprise n’a pas tenu

La liquidation d’André intervient quelques mois après la reprise

Le jugement est daté du 9 septembre 2026. Le tribunal des activités économiques de Paris a prononcé la liquidation judiciaire de Heritage 1896, avec une cessation des paiements fixée au 30 juin. La société avait repris l’exploitation des derniers magasins au début de l’année.

Le temps accordé à cette nouvelle structure aura donc été court. La décision concerne l’entreprise exploitante ; elle ne permet pas de fixer une date de fermeture identique pour chaque point de vente, ni de conclure que le nom André ne pourra jamais être utilisé à nouveau.

Pour les salariés, en revanche, la procédure ouvre une séquence de rupture avec leur employeur. La poursuite du réseau dans son organisation actuelle n’a plus le cadre d’un redressement destiné à rétablir durablement l’activité.

Des reprises successives, un réseau toujours plus petit

Fondée en 1896 à Nancy, l’enseigne avait célébré son 500e magasin en 1983. Puis André a donné son nom au groupe devenu Vivarte en 2001. Ce passé rend d’autant plus visible le contraste avec les moyens de sa dernière relance.

La succession des reprises depuis 2020 raconte une réduction progressive du périmètre. Après le passage chez Spartoo en 2018, François Feijoo reprend l’enseigne en 2020. En 2023, Optakare, dirigée par Karim Redjal, conserve 21 boutiques et 119 contrats de travail. Une nouvelle procédure intervient en 2025.

Début 2026, le projet retenu ne prévoit plus que sept boutiques et deux corners, ces espaces de vente installés dans d’autres commerces. Il doit préserver 43 salariés. Ces chiffres décrivent le plan de reprise, et non un inventaire des magasins encore ouverts au jour de la liquidation.

Réduire un réseau peut alléger certaines dépenses. Cela réduit aussi les volumes vendus et la capacité à répartir les coûts communs entre les boutiques. Tout dépend alors de la rentabilité des emplacements conservés. Une enseigne plus petite doit financer ses achats, ses équipes et son organisation avec une base commerciale resserrée.

Les loyers au cœur de l’échec final

Les extraits du jugement rapportés publiquement évoquent des difficultés avec le bailleur et l’échec des négociations avec Westfield. Ce point donne une dimension immobilière à la liquidation d’André, au-delà du récit sur l’ancienneté de la marque.

Dans un magasin, le loyer reste à payer même lorsque les ventes ralentissent. La marge dégagée sur les chaussures doit aussi couvrir les rémunérations et les autres dépenses d’exploitation. Si le niveau d’activité ne suffit plus, une reprise exige de revoir cette équation dès le départ.

Le dossier ne permet pas d’attribuer toute la défaillance aux seuls loyers. Il montre toutefois que leur négociation faisait partie des conditions de la relance. Pour un repreneur, la valeur d’un emplacement dépend donc autant de son contrat que de sa fréquentation espérée.

La même vigilance vaut pour les stocks. Les modalités de financement des marchandises peuvent changer profondément les besoins d’un commerçant, comme l’illustre le fonctionnement du réseau B&M étudié par Business Times. Les modèles diffèrent, mais le calcul reste celui des sommes immobilisées avant de vendre.

Après la liquidation d’André, le devenir des actifs

La procédure confie au liquidateur la gestion de la sortie. Dans le cadre général de la liquidation judiciaire, les actifs sont vendus pour régler les créanciers. Un maintien temporaire de l’activité peut être autorisé ; il ne constitue pas une relance durable à lui seul.

Il faut également distinguer une société, ses magasins et les droits attachés à une marque. Leur avenir peut suivre des chemins différents. La séparation entre une activité et son ancien exploitant apparaît aussi dans la reprise du Journal des Entreprises, dans un secteur certes différent.

Un éventuel retour du nom André nécessiterait un projet et des droits clairement établis. Aucune nouvelle relance confirmée ne ressort des sources consultées. La liquidation d’André rappelle surtout ce que l’histoire d’une marque ne peut garantir : les moyens de payer la prochaine échéance et de faire vivre les magasins qui la portent.