Le rapprochement entre Panzani et Cerealis franchit une étape, sans constituer encore une opération achevée. Les actionnaires ont annoncé leurs discussions le 16 octobre 2026. Ils visent un groupe alimentaire présent sur plusieurs marchés européens. Cependant, ni le calendrier de réalisation ni les parts exactes de chaque actionnaire ne figurent dans l’annonce.
Panzani et Cerealis : distinguer les chiffres du projet
Le communiqué commun des deux groupes avance une valeur d’entreprise d’environ 1,8 milliard d’euros pour le futur ensemble. Ce montant ne représente donc pas le prix de Panzani seule. De même, il ne correspond pas au montant de son chiffre d’affaires.
En 2025, Panzani a réalisé 620 millions d’euros de ventes, contre 400 millions pour Cerealis. Les entreprises évoquent ainsi un chiffre d’affaires annuel consolidé d’environ un milliard d’euros après rapprochement. Ce total décrit leur taille réunie. Il ne mesure pas une croissance déjà obtenue grâce à l’opération.
Pour un fournisseur ou un partenaire, ces distinctions comptent. La valeur d’entreprise sert à apprécier un actif économique. Le chiffre d’affaires mesure les ventes sur une période. Enfin, une prise de participation précise qui détient le capital. Ces données répondent à des questions différentes.
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CVC garderait une participation minoritaire
Le projet réunirait les familles Moreira Da Silva et Silva Domingues, Sofina et CVC Capital Partners au capital du groupe. CVC conserverait une participation minoritaire. Par ailleurs, Panzani garderait son siège à Lyon et Cerealis le sien à Porto. Les sociétés prévoient de conserver leur autonomie industrielle et opérationnelle.
La gouvernance annoncée répartit aussi les responsabilités. Pedro Moreira da Silva dirigerait le futur ensemble. Albert Mathieu resterait à la tête de Panzani, avec un rôle élargi à l’Europe centrale. De son côté, Paula Meireles conduirait Cerealis et les activités ibériques et internationales de marques de distributeur.
Un changement d’actionnariat ne détermine pas, à lui seul, le lieu de production. De même, le maintien d’un siège ne décrit pas tous les choix industriels futurs. Pour apprécier les effets du projet, il faudra donc suivre les décisions concrètes sur les sites et les investissements.
Cerealis apporte des marques et des marchés complémentaires
La présentation de Cerealis par Sofina éclaire le profil du partenaire portugais. Fondé en 1919, Cerealis produit des pâtes, des céréales pour le petit-déjeuner, des biscuits et des farines. Il possède notamment les marques Milaneza et Nacional. Il fabrique aussi pour les marques de distributeur.
Cerealis a déjà étendu ses activités grâce au rachat d’Europasta en République tchèque et de l’activité pâtes de Cerealto en Espagne. Selon Sofina, le groupe touche plus de 40 pays. Ce réseau offre donc un point d’appui pour développer des produits sur de nouveaux marchés.
Pour autant, une présence commerciale ne garantit pas le succès d’une marque dans un autre pays. Il faut adapter les offres aux goûts locaux et convaincre les distributeurs. Les ventes nouvelles dépendront ainsi de l’exécution du projet, au-delà de l’addition des catalogues.
Panzani a déjà changé d’actionnaire en 2021
Le dossier s’inscrit dans une histoire récente de changements de propriétaire. En juillet 2021, CVC annonçait ses discussions avec Ebro Foods pour reprendre les pâtes sèches, le couscous, les sauces et les semoules Panzani. L’opération valorisait alors ce périmètre à 550 millions d’euros.
Toutefois, le projet excluait les pâtes fraîches et le riz, dont Lustucru Sélection et Taureau Ailé. Comparer directement ces 550 millions aux 1,8 milliard du projet actuel n’aurait donc pas de sens. Le second montant porte sur le futur ensemble Panzani–Cerealis, avec un périmètre différent.
D’autres groupes alimentaires revoient aussi leur portefeuille, comme dans notre article sur Nestlé et le projet Peranel. Cependant, chaque opération appelle un examen de ses actifs, de ses financeurs et de ses conditions.
Les partenaires attendent les choix industriels
Les groupes doivent encore mener l’information et la consultation des représentants du personnel. Ils doivent aussi obtenir les accords réglementaires requis. À ce stade, l’annonce ne permet pas de chiffrer des économies futures ni un effet sur les prix en magasin.
Pour les partenaires agricoles et les fournisseurs, les prochaines décisions porteront notamment sur les volumes, les contrats et les besoins des sites. Notre article sur Danone à Ferrières-en-Bray montre l’importance de ces conditions pour les producteurs. Il ne préjuge toutefois pas des choix que feront Panzani et Cerealis.
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