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Mantu et Dust : des agents IA internes à l’offre clients

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Mantu et Dust annoncent un partenariat pour déployer des agents d’intelligence artificielle dans les processus métiers de leurs clients. Le groupe de conseil s’appuie sur une expérimentation interne lancée en mai 2026. Plus de 3 000 agents ont été créés, mais ce volume ne mesure pas, à lui seul, la valeur économique obtenue.

Mantu et Dust : des agents IA internes à l’offre clients

Mantu et Dust veulent transformer un déploiement interne en activité de conseil et d’intégration. Annoncé le 15 octobre 2026, leur accord associe la plateforme de création d’agents IA de Dust aux équipes de transformation de Mantu. Le groupe entend accompagner l’identification des usages, la connexion aux données et la formation des collaborateurs, jusqu’au suivi des coûts et des résultats.

Dans sa présentation du partenariat, Dust confirme que l’accompagnement inclut l’AI Operator Sprint de Mantu. Les partenaires prévoient un déploiement international, en s’appuyant sur la présence du groupe dans plus de 60 pays.

Mantu et Dust distinguent les usages des agents créés

Le bilan communiqué porte sur les trois premiers mois suivant le lancement du « Dust Sprint » en mai. Mantu indique avoir mobilisé plus de 1 600 collaborateurs sur la plateforme. Près de 1 200 l’utilisent chaque mois et les équipes échangent désormais plus de 30 000 messages par semaine.

Ces données décrivent plusieurs réalités. Les collaborateurs embarqués ne sont pas tous des utilisateurs mensuels. Les messages mesurent une activité sur la plateforme, sans renseigner directement sur la qualité des réponses ou le temps économisé.

Même distinction pour les plus de 3 000 agents créés. Le dispositif comprend des agents privés, encore en développement, en test ou en évaluation. Il serait donc inexact de présenter ce chiffre comme celui des seuls agents en production.

Ce passage des outils aux processus métiers rejoint les questions soulevées dans notre article sur les agents IA de Delos et leur intégration dans l’entreprise. La capacité à exécuter une tâche impose de préciser son périmètre et ses contrôles.

Dix heures estimées pour l’intégration d’un manager

Les applications décrites concernent notamment la préparation des réponses aux appels d’offres et la recherche de références commerciales dans les connaissances du groupe. L’enjeu consiste à retrouver des informations dispersées entre plusieurs métiers et marques.

Chez Amaris Consulting, un agent intervient dans l’intégration des managers : coordination des rendez-vous, demandes de matériel et transmission des formations. Mantu estime le gain à dix heures par intégration.

Cette estimation reste celle du groupe. Le communiqué ne précise ni le nombre d’intégrations observées ni la méthode de comparaison. Il ne détaille pas davantage le coût complet du dispositif. On ne peut donc pas convertir ces dix heures en économies annuelles démontrées.

Notre décryptage sur la mesure du retour sur investissement de l’IA développe précisément cette différence : dégager du temps et créer une économie comptable ne sont pas des résultats équivalents.

Un responsable par agent et des accès différenciés

Mantu décrit une gouvernance dans laquelle chaque agent possède un responsable identifié. Trois catégories organisent leur diffusion : « Corporate » pour le groupe, « Operational » pour certaines équipes et « Personal / Unpublished » pour les espaces privés de développement ou d’évaluation.

Cette organisation permet de distinguer une expérimentation individuelle d’un outil partagé. Le communiqué indique que Dust complète le dispositif par des contrôles d’accès aux données et aux outils. La description d’un cadre ne constitue toutefois pas un audit indépendant de son application.

Le déploiement mobilise dix responsables de transformation IA à temps plein, ainsi que des relais internes. Mantu cite aussi ses « Hybrid Builders », des profils associant compétences métiers et technologiques. Leur rôle est d’identifier les processus concernés et de construire les agents avec les équipes.

Le coût doit suivre le développement des usages

Le groupe annonce un suivi de la consommation selon les agents et les modèles utilisés. Cette démarche, présentée dans son retour d’expérience officiel, vise à relier l’adoption aux dépenses de fonctionnement.

Pour un client, la comparaison devra intégrer les licences, le travail de connexion aux systèmes et le temps de contrôle humain. Une hausse du nombre d’utilisateurs peut augmenter simultanément l’utilité du service et sa facture.

Mantu précise conserver son indépendance technologique dans le choix des solutions. Les prochains déploiements clients devront surtout documenter ce que le bilan interne ne chiffre pas encore : le coût par processus traité et la valeur effectivement obtenue.