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Rapport de mission SAPRENA : sept objectifs atteints sur neuf

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Le rapport de mission SAPRENA consacré à 2025 fait apparaître des résultats contrastés : sept objectifs opérationnels atteints, deux en retrait. L’entreprise adaptée et coopérative dépasse ses cibles d’emploi et de formation des personnes en situation de handicap. La fréquence des accidents du travail et l’intensité carbone restent au-dessus des seuils fixés.

Rapport de mission SAPRENA : sept objectifs atteints sur neuf

Le rapport de mission SAPRENA, annoncé le 20 octobre, permet de confronter les engagements de l’entreprise à leurs indicateurs. L’exercice couvre l’année 2025, première année de déploiement après l’adoption de la qualité de société à mission fin 2024. Les objectifs portent sur l’emploi inclusif, la santé des salariés, la gouvernance et l’environnement.

Le bilan ne se réduit toutefois pas au décompte de sept réussites sur neuf. Certains indicateurs mesurent un résultat chiffré ; un autre valide le lancement d’une réflexion. Pour apprécier la portée des engagements, il faut donc regarder les seuils retenus, les périodes mesurées et les actions qui restent à évaluer.

Rapport de mission SAPRENA : l’emploi lié à l’équilibre économique

Implantée historiquement en Loire-Atlantique, SAPRENA exerce notamment dans la propreté, les espaces verts, le conditionnement et la logistique. Le rapport présente un effectif de 500 salariés et un chiffre d’affaires de 21 millions d’euros en 2025. Le communiqué d’octobre 2026 annonce, pour sa part, 550 salariés à cette date.

Une entreprise adaptée appartient au milieu ordinaire de travail. Elle propose des conditions adaptées aux capacités des salariés concernés, comme l’explique Service Public dans sa présentation des entreprises adaptées. Ce modèle se distingue des établissements médico-sociaux d’accompagnement par le travail.

Dans son rapport, SAPRENA décrit une pression sur les prix, une baisse des enveloppes d’aides au poste et l’ouverture à la concurrence de certains marchés auparavant réservés. L’entreprise répond par une diversification des clients privés et un renforcement du contrôle de gestion.

Elle classe son objectif économique parmi les résultats atteints : l’indicateur de capacité d’autofinancement ressort à 5,4 %, contre un seuil d’au moins 5 %. Ce pourcentage ne constitue pas une marge nette. Il traduit l’indicateur de robustesse choisi par l’entreprise, sans résumer à lui seul sa situation financière.

Marc Marhadour, président de SAPRENA, résume sa priorité dans le communiqué : « l’emploi d’abord, mais un emploi qui dure ». La reprise de Delta 86, en juin 2026, aurait permis de préserver 56 emplois, selon ce même document. Cette opération intervient après l’exercice évalué.

Des résultats précis sur le recrutement et la formation

En 2025, 67 % des salariés disposent d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, ou RQTH. L’objectif était d’atteindre au moins 65 %. Le rapport mentionne également 59 immersions professionnelles ayant débouché sur 11 recrutements : quatre CDI, six CDD et un contrat d’apprentissage.

Ces résultats décrivent des entrées dans l’emploi. Ils ne renseignent pas encore sur la durée effective de tous les parcours. La question du maintien dans l’emploi reste centrale, comme dans les modèles présentés dans notre article sur La Varappe et Estille.

La formation constitue un autre objectif atteint. Les salariés titulaires d’une RQTH bénéficient de 49 % des heures de formation non obligatoires, pour une cible de 45 %. Ce chiffre mesure une répartition des heures, et non la proportion de salariés formés.

Le dispositif CléA apporte un éclairage plus concret. Dix-neuf personnes ont suivi un parcours consacré aux compétences fondamentales ou numériques, sur leur temps et leur lieu de travail. Le rapport recense 1 075 heures de formation et sept certifications obtenues. L’accompagnement des compétences rejoint les enjeux abordés dans notre décryptage des propositions des Geiq pour former et recruter.

Les accidents du travail restent le point de vigilance social

Le taux de fréquence des accidents du travail atteint 52,1, alors que SAPRENA visait moins de 46. Cet indicateur correspond au nombre d’accidents avec arrêt rapporté à un million d’heures travaillées. Il ne s’agit donc pas d’un pourcentage de salariés accidentés.

L’entreprise indique que les accidents sont plus fréquents, mais moins graves. Elle cite notamment les accueils sécurité en vidéo, l’actualisation du document unique et la révision des procédures après accident. Toutefois, le rapport ne fournit pas de série chiffrée permettant au lecteur de mesurer précisément la baisse de gravité annoncée.

L’absentéisme diminue légèrement : la page détaillée indique 12,53 %, pour une cible inférieure à 12,68 %. Le communiqué arrondit le résultat à 12,5 %. L’écart représente 0,15 point ; il ne permet pas d’attribuer un effet aux accords qui ne produiront leurs résultats qu’ensuite.

Ainsi, l’accord sur la qualité de vie et les conditions de travail a été signé au premier semestre 2026. Un autre accord, signé en décembre 2025, modifie l’indemnisation des arrêts, notamment avec un jour de carence. L’entreprise prévoit d’en mesurer les effets à partir de 2026.

Gouvernance : davantage d’associés, une participation à suivre

Organisée en société coopérative d’intérêt collectif depuis 2018, SAPRENA permet aux salariés volontaires de devenir associés. Quatorze nouveaux salariés associés ont rejoint la coopérative en 2025. Leur part atteint 18,5 % des salariés en CDI, au-delà de la cible de 18 %.

Cependant, cet indicateur mesure l’accès au sociétariat, sans suffire à évaluer l’influence exercée dans les décisions. Le comité de mission relève la création de commissions de travail et recommande de renforcer les incitations à devenir associé.

Son avis global est favorable sur cette première année. Il reste distinct d’une vérification par un organisme tiers indépendant. Le cadre officiel des sociétés à mission prévoit ces deux fonctions de suivi et de contrôle. Les documents transmis ne comportent pas d’avis de cet organisme sur l’exercice présenté.

Carbone : distinguer intensité et émissions totales

Le second objectif non atteint concerne l’intensité carbone. Elle ressort à 303,7 tonnes de CO2 par million d’euros de chiffre d’affaires, contre une cible inférieure à 282,3. Le rapport présente une baisse de 10 % depuis 2022, alors que l’objectif était de 16 %.

Une intensité rapporte les émissions à l’activité économique. Sa diminution ne démontre donc pas une baisse du volume total émis. Le tableau du rapport consacré aux bilans 2022 et 2024 affiche, en additionnant les scopes 1, 2 et 3, respectivement 5 404 et 6 378 tonnes de CO2.

Cette comparaison demande néanmoins de la prudence : SAPRENA indique avoir affiné sa méthode pour les émissions indirectes et reconnaît que certaines données reposent encore sur des estimations. Le comité recommande de stabiliser la méthode et de distinguer les émissions directes et énergétiques du scope 3, qui représente environ 90 % du total.

Deux autres objectifs environnementaux sont considérés comme atteints. La moitié des fournisseurs stratégiques disposent d’une évaluation EcoVadis ou d’une certification RSE. Enfin, la réflexion sur une offre de gestion écologique des espaces verts a commencé en octobre 2025. Ce dernier jalon valide un démarrage, sans établir encore un bénéfice environnemental mesuré.

Le rapport publié par SAPRENA fixe désormais les points à suivre : fréquence des accidents, effets des accords sociaux et fiabilité du bilan carbone. Le prochain exercice devra permettre de comparer ces résultats avec des indicateurs et des périmètres suffisamment stables.