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Adoption de l’IA au travail : les sept profils de salariés

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L’adoption de l’IA au travail se heurte à des outils inadaptés et à des obstacles d’organisation, selon une étude de Cognizant. Quatre salariés interrogés sur cinq souhaitent aller plus loin dans leurs usages. Les sept profils identifiés invitent à différencier l’accompagnement, sans confondre enthousiasme et gains de productivité mesurés.

Adoption de l’IA au travail : les sept profils de salariés

L’adoption de l’IA au travail ne dépend pas uniquement de la volonté des salariés. Dans un communiqué français daté du 21 octobre 2026, Cognizant souligne le décalage entre leurs aspirations et leurs possibilités réelles. Son enquête internationale porte sur plus de 10 000 personnes interrogées au début de l’année.

Le groupe de services numériques appelle ce décalage le « déficit d’activation ». Il désigne la distance entre l’usage souhaité de l’IA et celui que les salariés peuvent effectivement en faire. Pour les dirigeants, cela pose une question d’équipement autant que d’organisation.

Sept profils pour comprendre l’adoption de l’IA au travail

Le rapport New Frontiers, New Frictions: Mapping the DNA of AI Adoption classe les répondants selon leurs attitudes et leurs usages. Cognizant croise notamment leur rapport à la technologie avec leurs aspirations et leurs conditions de travail.

Ainsi, le classement distingue les utilisateurs déjà engagés de ceux qui attendent des preuves ou un meilleur accompagnement.

ProfilPart dans l’étudeBesoin identifié par Cognizant
Architectes4,2 %Un cadre plus solide pour leurs usages avancés.
Accélérateurs15,9 %Des moyens de partager leurs pratiques avec leurs collègues.
Précisionnistes0,3 %Un accompagnement adapté à leur forte implication.
Navigateurs33,3 %La levée des obstacles organisationnels.
Pragmatiques3,6 %Des preuves concrètes de l’utilité des outils.
Piliers39,1 %Des bénéfices compréhensibles pour leur métier.
Réfractaires3,6 %Un apprentissage progressif pour développer leur confiance.

Ces catégories décrivent l’échantillon de l’étude. Elles ne constituent ni un diagnostic individuel ni une répartition applicable automatiquement à chaque entreprise.

De même, le terme « réfractaires » ne signifie pas un refus définitif. Cognizant décrit des salariés moins engagés, qui peuvent encore progresser avec un soutien adapté.

Navigateurs et Piliers regroupent près de trois répondants sur quatre

Deux groupes dominent : les Navigateurs et les Piliers. Ensemble, ils représentent 72,4 % des répondants, soit environ 72 % dans le communiqué.

Cependant, leurs besoins diffèrent. Les premiers souhaitent utiliser l’IA, mais rencontrent des obstacles dans leur environnement professionnel. Les seconds attendent surtout de comprendre l’intérêt de ces outils pour leur travail.

Un même programme peut donc manquer sa cible. Pour un Navigateur, une difficulté d’accès peut empêcher l’usage d’un outil déjà compris. Pour un Pilier, cet accès ne répond pas nécessairement à la question du bénéfice attendu.

En pratique, l’entreprise peut examiner une tâche précise avec les salariés concernés. Elle peut ensuite déterminer ce qui bloque : l’accès, l’intégration au logiciel métier ou la confiance dans le résultat. Cette lecture rejoint les questions abordées dans notre article sur l’Institut Xenia et les conditions d’adoption de l’IA.

Des outils qui déçoivent aussi les utilisateurs avancés

Selon les profils, entre 72 % et 82 % des salariés interrogés estiment que leurs outils ne répondent pas à leurs besoins. Le maximum de 82 % ne constitue donc pas un taux global valable pour tous les répondants.

Par ailleurs, l’insatisfaction touche aussi les utilisateurs très actifs. Chez les Architectes et les Accélérateurs, 33 % citent le manque de contextualisation et de personnalisation comme premier frein.

Une réponse générique peut, par exemple, demander trop de corrections pour devenir exploitable dans un processus interne. L’intérêt d’un outil dépend alors de sa capacité à respecter les règles et les documents du métier.

Cette explication reste toutefois celle de Cognizant, qui commercialise des services d’intégration de l’IA. L’étude renseigne sur des perceptions ; elle ne démontre pas qu’une solution personnalisée serait systématiquement plus rentable.

Former davantage ne règle pas tous les problèmes d’usage

Les écarts apparaissent aussi dans la formation. Parmi les Architectes, 81 % jugent leur formation efficace et 83 % la terminent. Chez les Réfractaires, ces proportions atteignent respectivement 56 % et 53 %.

Ces chiffres suggèrent des besoins d’accompagnement différents. Cependant, ils ne permettent pas d’attribuer tous les écarts d’adoption à la formation reçue. La confiance initiale et les conditions de travail peuvent également intervenir.

Autre résultat : 87 % des Architectes déclarent recourir à des outils non autorisés lorsque les solutions approuvées ne leur conviennent pas. Ce taux concerne ce profil précis, qui représente 4,2 % de l’échantillon.

Ainsi, former les utilisateurs les plus avancés ne suffit pas à assurer le respect du cadre interne. L’entreprise doit aussi comprendre les besoins que ses outils officiels laissent sans réponse.

La CNIL recommande un accompagnement adapté des utilisateurs d’IA générative. Selon le déploiement choisi, elle invite également à encadrer les données personnelles ou confidentielles transmises aux outils. Notre dossier sur l’IA en entreprise et le RGPD détaille ces questions de protection des informations.

Les 6 000 milliards de dollars restent un scénario économique

Cognizant associe ses résultats à un potentiel d’environ 6 000 milliards de dollars de PIB mondial supplémentaire. Ce montant repose sur l’hypothèse d’une hausse généralisée de 5 % de la productivité du travail.

Il ne s’agit donc ni d’économies déjà réalisées ni d’un gain établi par l’enquête auprès des salariés. Le scénario ne permet pas davantage de calculer le rendement d’un projet dans une entreprise donnée.

De même, les bénéfices anticipés par les répondants ne remplacent pas une mesure en situation réelle. Pour évaluer l’adoption de l’IA au travail, le suivi peut rapprocher le temps gagné du temps de vérification nécessaire. La qualité du résultat et le coût de l’outil complètent cette appréciation.

Une enquête internationale, sans résultat français isolé

Le communiqué français mentionne une collecte dans 24 pays, dont la France. Les résultats présentés restent cependant internationaux. Ils ne permettent pas d’affirmer que 80 % des salariés français souhaitent utiliser davantage l’IA.

Les répondants ont notamment utilisé une échelle d’accord allant de 1 à 6. La classification dépend donc de leurs déclarations et du modèle construit par les chercheurs. Elle ne correspond pas à un audit des performances des entreprises.

Pour un responsable d’équipe, son intérêt est de distinguer les obstacles avant de choisir un accompagnement. Un accès manquant appelle une réponse différente d’un résultat jugé peu fiable ou d’un bénéfice encore mal compris.