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Bénéfice de TotalEnergies : 8,3 milliards au troisième trimestre

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Le bénéfice de TotalEnergies atteint 8,263 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, plus du double de celui enregistré un an auparavant. Le raffinage profite de fortes tensions sur les carburants. En France, le gouvernement demande au groupe de maintenir ses plafonds et de répercuter l’avantage du déstockage public de gazole.

Bénéfice de TotalEnergies : 8,3 milliards au troisième trimestre

Le bénéfice de TotalEnergies progresse de 124,4 % sur un an entre juillet et septembre 2026. Les comptes publiés le 29 octobre font apparaître un résultat net, part du groupe, de 8,263 milliards de dollars, contre 3,683 milliards au troisième trimestre 2025. Le montant couramment arrondi à 8,3 milliards est donc exprimé en dollars.

Cette publication relance le débat sur le partage des gains liés à la crise énergétique. Maud Bregeon, ministre chargée de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, demande au groupe d’être « exemplaire », rapporte la dépêche AFP consacrée aux résultats. L’enjeu immédiat concerne le prix payé par les clients, notamment les entreprises dont l’activité exige des déplacements.

Bénéfice de TotalEnergies : trois indicateurs à distinguer

Le bénéfice net comptable ne doit pas être confondu avec le résultat net ajusté. Ce dernier atteint 9,097 milliards de dollars. TotalEnergies écarte notamment de cet indicateur les effets de stocks après impôt, certains éléments non récurrents et les variations de juste valeur retenues dans ses ajustements.

Le groupe publie aussi des résultats opérationnels nets ajustés par activité. Ceux-ci éclairent l’origine des performances, mais leur somme ne constitue pas directement le bénéfice net part du groupe. Les frais centraux, les éléments financiers et les ajustements interviennent à d’autres niveaux des comptes.

IndicateurTroisième trimestre 2025Troisième trimestre 2026Évolution sur un an
Résultat net, part du groupe3,683 Md$8,263 Md$+124,4 %
Résultat net ajusté, part du groupe3,980 Md$9,097 Md$+128,6 %
Résultat opérationnel net ajusté du Raffinage-Chimie0,687 Md$3,601 Md$Multiplié par 5,24
Production d’hydrocarbures2,508 millions de bep/j2,474 millions de bep/j−1,4 %

Source : comptes et communiqué trimestriel de TotalEnergies. Md$ : milliards de dollars ; bep/j : barils équivalent pétrole par jour. Évolutions calculées à partir des montants publiés, avant arrondi.

Le raffinage gagne davantage alors que le brut se détend

Le contraste est net : le Brent moyen recule de 103,8 dollars le baril au deuxième trimestre à 97 dollars au troisième. Dans le même temps, l’indicateur européen de marge de raffinage publié par TotalEnergies passe de 13,5 à 33,2 dollars par baril.

Ces deux évolutions peuvent coexister. Le pétrole brut est une matière première ; le gazole est un produit transformé, soumis à ses propres contraintes d’approvisionnement. Si les capacités disponibles de raffinage ou les livraisons de carburants se tendent, le prix des produits finis peut résister à la baisse du brut.

La marge de raffinage ne correspond toutefois pas à un bénéfice net encaissé sur chaque baril. Les coûts industriels et les autres charges interviennent ensuite. L’indicateur aide à comprendre pourquoi l’activité gagne davantage ; il ne mesure pas la marge d’une station-service française.

La production appelle également une lecture précise. À 2,474 millions de barils équivalent pétrole par jour, elle remonte d’environ 3,3 % par rapport au deuxième trimestre. Elle reste inférieure de 1,4 % à celle du troisième trimestre 2025. La hausse de plus de 4 % sur un an avancée par le groupe correspond à une estimation excluant l’impact du conflit au Moyen-Orient.

Un plafond commercial distinct de la baisse liée aux stocks

En France hexagonale, TotalEnergies a remis en place le 22 juillet un plafond de 1,99 euro par litre d’essence et de 2,25 euros pour le diesel. Le gouvernement demande la poursuite de cet engagement. Un plafond constitue une limite de prix dans le réseau concerné ; il ne fixe pas le tarif de toutes les stations françaises.

Le déstockage public repose sur un autre mécanisme. Le décret du 23 octobre 2026, publié le 24 octobre, organise la cession de certains stocks de gazole à leur coût moyen pondéré d’acquisition. Il impose de répercuter jusqu’au client final l’avantage économique reçu par les opérateurs, sous forme de baisse de prix.

Cette répercussion peut intervenir par anticipation à compter du 1er novembre. L’avantage hors taxes reçu doit être intégralement transmis aux clients au plus tard le 31 mars 2027. Le dispositif ne crée donc pas une réduction nationale identique par litre, applicable sans distinction à tous les carburants.

Le montant communiqué d’une baisse devra être distingué du prix final observé. Si le marché remonte parallèlement, le prix payé peut diminuer moins que la remise annoncée. Pour comparer deux fournisseurs, l’entreprise doit examiner les tarifs effectifs pour un même produit et à une même date.

Pour les entreprises, contrôler la facture et les volumes

Le décret prévoit une traçabilité utile aux acheteurs professionnels. L’avantage hors taxes répercuté doit figurer sur la facture ou sur un document permettant son rattachement à celle-ci. Cette information permet de distinguer la baisse liée aux stocks d’une remise contractuelle habituelle.

À titre de simulation, une réduction effective de 0,10 euro hors taxes par litre représente 500 euros d’économie pour une entreprise achetant 5 000 litres par mois. Ce calcul n’annonce ni le niveau de réduction accordé ni une économie garantie. Il suppose le même volume acheté et un écart de prix réellement constaté.

Cette vigilance rejoint les conséquences du coût des carburants sur l’activité des entreprises. Le montant économisé dépend des litres consommés, du fournisseur et du contrat ; le bénéfice mondial d’un groupe ne permet pas de le déduire.

La stratégie de production et de distribution de TotalEnergies relève d’un horizon plus long. Pour ses clients, le débat sur le bénéfice de TotalEnergies renvoie à une question immédiate : quelle baisse apparaîtra effectivement sur leurs achats de gazole lors du déstockage ?