Les départs à la retraite devraient porter à 905 000 le nombre de dossiers traités par l’Assurance retraite fin 2026. C’est 70 000 de plus qu’en 2025, selon les prévisions de son directeur général, Paul Bazin. L’AFP rapporte ces chiffres le 28 octobre, à partir de son entretien aux Échos.
Ce total reste une estimation annuelle. Surtout, la différence avec 2025 ne mesure pas, à elle seule, les départs supplémentaires directement imputables à la suspension. Pour une entreprise, l’enjeu immédiat consiste à revoir les échéances individuelles qui fondent son calendrier de remplacement.
Départs à la retraite : un calendrier déjà modifié
La suspension produit ses effets pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026. Elle figure dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il s’agit donc de règles applicables, au-delà des annonces politiques qui ont précédé leur adoption.
D’après le calendrier détaillé par Service Public, une personne née en 1964 atteint désormais l’âge légal à 62 ans et neuf mois. Le calendrier de 2023 prévoyait 63 ans. La durée requise pour le taux plein passe aussi de 171 à 170 trimestres.
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L’écart atteint six mois pour les personnes nées au premier trimestre 1965 : leur âge légal revient à 62 ans et neuf mois. Elles doivent réunir 170 trimestres, contre 172 auparavant. Pour le reste de cette génération, les seuils sont de 63 ans et 171 trimestres.
En revanche, les personnes nées à partir de 1969 restent soumises à un âge légal de 64 ans. La suspension ne rétablit donc pas un départ à 62 ans pour tous. Elle ne détermine pas davantage la pension individuelle, sujet distinct du bilan de la majoration des petites retraites.
La retraite progressive change aussi l’organisation du travail
Un autre mouvement accompagne ces départs : l’Assurance retraite a enregistré 46 000 attributions de retraite progressive de janvier à septembre. Elle en comptait 22 000 sur la même période de 2025, selon les chiffres rapportés par l’AFP. Cela représente un peu plus du double.
Ce dispositif permet de conserver une activité tout en touchant une fraction de ses pensions. Dans le privé, les conditions de la retraite progressive comprennent un âge minimal de 60 ans, au moins 150 trimestres d’assurance et une activité comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet.
Le salarié continue ainsi à acquérir des droits. Sa pension définitive sera recalculée lors de la cessation totale d’activité. Pour l’employeur, cette transition peut permettre d’organiser la transmission des dossiers sur une période plus longue. Elle suppose cependant de répartir le temps de travail libéré.
Des remplacements à préparer sur des dates vérifiées
Les carrières longues appellent également un examen individuel. L’Assurance retraite précise les changements pour les carrières longues : certains assurés nés entre 1964 et 1970 peuvent bénéficier d’un calendrier anticipé ajusté. Avoir commencé jeune ne suffit pas : des conditions de début d’activité et de durée d’assurance restent nécessaires.
Dans une PME, avancer un départ de trois mois peut réduire d’autant le temps disponible pour former un remplaçant. C’est une conséquence possible du nouveau calendrier, sans présumer du choix du salarié. Une date d’ouverture des droits ne constitue pas une annonce de départ.
Enfin, ces règles doivent être distinguées des discussions budgétaires sur les pensions, abordées dans notre article sur les économies recherchées pour les retraites en 2027. Pour préparer les effectifs de début 2027, la donnée utile reste la date de départ confirmée par chaque salarié, après vérification de ses droits.
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