REP des emballages : les professionnels demandent un report

Par Sami Zeroual |
REP des emballages : les professionnels demandent un report

À moins de deux mois de l’entrée en vigueur de la filière REP des emballages professionnels, plusieurs organisations professionnelles alertent le gouvernement sur les difficultés de mise en place du dispositif.

L’AIMCC, la CGF et INOHA demandent officiellement un report de cette réforme prévue pour le 1er juillet 2026. Selon elles, les entreprises ne disposent toujours pas d’un cadre suffisamment clair pour se préparer correctement.

Des règles encore trop floues

Les trois organisations expliquent que plusieurs zones d’ombre persistent autour de l’application des textes.

Parmi les principaux problèmes évoqués : l’identification des “metteurs en marché”, l’interprétation des textes européens ou encore les différences entre certains règlements et documents d’accompagnement.

Selon le communiqué, un même emballage pourrait parfois être associé à des fabricants différents selon le texte utilisé comme référence.

Dans ces conditions, les entreprises peinent à mesurer précisément leurs obligations et les coûts liés à cette nouvelle réglementation.

Un calendrier jugé impossible à tenir

Autre difficulté soulevée par les organisations : les barèmes des éco-contributions ne devraient être connus qu’à la fin du mois de mai, après l’agrément des éco-organismes.

Les entreprises auraient donc seulement quelques semaines pour adapter leurs systèmes avant l’entrée en vigueur du dispositif.

Pour l’AIMCC, la CGF et INOHA, ce délai est largement insuffisant au regard des nombreux travaux nécessaires. Les entreprises doivent notamment recenser leurs emballages, collecter les données, adapter leurs outils informatiques et signer des contrats avec les éco-organismes.

Les organisations demandent ainsi au gouvernement un délai de prévenance de neuf mois entre la publication des barèmes et leur application effective.

Les professionnels craignent des conséquences économiques

Philippe Gruat, président de l’AIMCC, explique que les industriels soutiennent les objectifs liés à l’économie circulaire mais souhaitent une mise en œuvre plus réaliste.

“Nous avons besoin de ce délai de prévenance et de clarification pour nous y adapter efficacement dans des conditions économiques soutenables”, affirme-t-il.

Même constat du côté de Stéphane Antiglio, président de la Confédération des Grossistes de France.

Selon lui, les entreprises ne disposent toujours pas de la visibilité nécessaire pour se préparer correctement avant le 1er juillet 2026. Il estime qu’une mise en œuvre immédiate pourrait provoquer des difficultés “aussi onéreuses qu’évitables”.

Trois organisations mobilisées

L’AIMCC représente plus de 7 000 entreprises du secteur des produits de construction en France, soit environ 450 000 emplois directs.

La CGF fédère quant à elle 30 fédérations du commerce de gros et représente près d’un million de salariés.

INOHA accompagne de son côté les industriels liés à la construction résidentielle, à la rénovation et à l’amélioration de l’habitat.

Les trois organisations assurent rester favorables au développement des filières REP, mais demandent davantage de temps pour garantir une application opérationnelle et économiquement viable.