La DGFiP vient de le confirmer officiellement. En effet, la taxe foncière de 31 millions de propriétaires est calculée sur des valeurs locatives datant des années 1970. Il s’agit d’une anomalie fiscale majeure, aux conséquences bien concrètes pour les ménages.
55 milliards d’euros, dont 63 % payés par les particuliers
En 2025, la taxe foncière sur les propriétés bâties atteint 55,1 milliards d’euros. C’est ainsi une hausse de 2,8 % par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, les propriétaires particuliers en assument 34,7 milliards, soit 63 % du total. Le montant moyen s’élève donc à 1 117 € par foyer. Pourtant, ils ne représentent que 94 % des redevables.
Une base de calcul figée depuis plus de cinquante ans
La DGFiP l’écrit elle-même dans sa note Statistiques n° 46. Ainsi, la valeur locative des logements est calculée sur les loyers des années 1970. Or, ces bases n’ont jamais été révisées pour le résidentiel. En revanche, les locaux professionnels ont été actualisés en 2017. Cette différence crée donc une distorsion structurelle entre contribuables.
Le résultat est parlant. Entre 2018 et 2026, les valeurs locatives des logements ont progressé de 23,7 %. En comparaison, les locaux professionnels n’ont progressé que de 9,6 %. Les particuliers subissent ainsi une revalorisation deux fois et demie plus rapide, sur des bases pourtant obsolètes.
Un droit de contestation peu exercé
Chaque propriétaire peut, en principe, contester sa valeur locative. Mais en pratique, la démarche reste complexe. D’abord, les fiches cadastrales sont difficiles à lire. Ensuite, les données de référence sont opaques. Enfin, les outils accessibles sont rares. Ce droit est donc largement inexercé.
260 € de trop-payé moyen par an
La plateforme orka.tax audite les fiches d’évaluation cadastrale. Ses données sont sans appel : le trop-payé moyen est de 260 € par foyer et par an. Les erreurs les plus fréquentes sont notamment une surface mal mesurée, une catégorie erronée ou un coefficient inadapté. En cas d’anomalie identifiée, le propriétaire peut alors obtenir un remboursement sur les années non prescrites. De plus, sa taxe foncière est ensuite réduite durablement.
Orka.tax a été fondée par Manon Bellin, avocate spécialisée en fiscalité locale, et Gary Cahn. La plateforme propose ainsi une vérification automatisée à honoraires fixes, accessible en quelques minutes.
Finalement, l’administration fiscale reconnaît elle-même l’obsolescence du système. Dès lors, vérifier sa taxe foncière devient un réflexe de bon sens.
