L’adoption de l’IA dans les entreprises constitue le programme de recherche du nouvel Institut Xenia. Ses six fondateurs veulent examiner les conditions techniques, humaines et organisationnelles qui permettent de faire entrer cette technologie dans le fonctionnement quotidien des organisations.
L’institut annonce des enquêtes, des rapports et des outils méthodologiques destinés aux dirigeants comme aux équipes opérationnelles. Une première publication, intitulée « Le dilemme du dirigeant diligent », est déjà accessible. Elle propose un cadre d’analyse du passage entre expérimentation et transformation des méthodes de travail.
Adoption de l’IA dans les entreprises : le cap des usages durables
Le lancement intervient alors que les usages progressent dans l’Union européenne. Selon Eurostat, 20 % des entreprises d’au moins dix personnes occupées utilisaient des technologies d’IA en 2025, contre 13,5 % en 2024. La hausse atteint donc 6,5 points en un an, sur le champ couvert par cette enquête.
Cet indicateur renseigne sur l’utilisation de la technologie. Il ne mesure cependant ni son intensité ni sa rentabilité. Une entreprise peut déployer des assistants sans avoir encore établi leur effet sur ses coûts ou ses délais.
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C’est précisément cette distinction qui intéresse Xenia. Ses fondateurs défendent l’idée que les entreprises européennes peuvent se différencier dans l’application de l’IA aux problèmes métiers. Ils placent les PME et les ETI au centre de cette ambition, qui reste à éprouver par leurs travaux.
Le « dirigeant diligent » face aux limites de l’expérimentation
Dans leur première note, les auteurs formulent une hypothèse : certaines pratiques habituelles de prudence peuvent freiner la transformation lorsqu’elles cantonnent l’IA à des essais isolés. Équiper les salariés ou multiplier les prototypes ne garantirait pas, à soi seul, un changement des processus.
Ils proposent notamment de construire des fondations communes pour les données et les accès, tout en permettant aux équipes d’adapter les outils à leurs besoins. La valeur dépendrait alors de leur intégration aux particularités de chaque entreprise.
Le texte présente explicitement ces propositions comme des hypothèses à discuter et à tester. Il ne constitue donc pas une nouvelle enquête établissant un rendement garanti de l’IA. Les dirigeants peuvent consulter la première note de l’Institut Xenia pour examiner son raisonnement et ses références.
Cette question rejoint notre entretien sur la mesure de la valeur réellement créée par les projets d’IA. Pour décider d’un déploiement, l’entreprise doit pouvoir rapprocher les bénéfices constatés des moyens mobilisés.
Des enquêtes de terrain et des méthodes en accès libre
Pour documenter l’adoption de l’IA dans les entreprises, Xenia prévoit de recueillir des données et des témoignages auprès des dirigeants et des équipes. L’institut veut également publier librement les méthodes et les outils issus de ses travaux.
Il entend enfin organiser la circulation des retours d’expérience entre chercheurs et praticiens. L’intérêt concret de ces publications dépendra notamment de la précision des cas étudiés : contexte de départ, difficultés rencontrées et résultats observés.
Pour une PME, une méthode devient exploitable lorsqu’elle permet de reconnaître une situation proche de la sienne. La connexion aux logiciels existants, par exemple, soulève des questions différentes d’un simple test individuel. Notre article sur le passage des expérimentations aux usages de l’IA agentique en production examine ces contraintes d’intégration.
Six fondateurs et un collectif appelé à s’élargir
Le premier cercle réunit Christelle Curcio, Michal Valko, Taqiyeddine Sakmeche, Tristan Maurel, Enrichetta Giurickovic et Amric Trudel. Selon les présentations du communiqué, leurs parcours associent entrepreneuriat, recherche en IA, économie du travail et sciences cognitives.
Cette diversité correspond au périmètre annoncé : étudier les outils, mais aussi les changements qu’ils entraînent dans les métiers et les organisations. L’institut se présente comme indépendant. Le communiqué ne détaille toutefois ni son financement ni les garanties de cette indépendance.
De nouveaux chercheurs, dirigeants et praticiens pourront rejoindre le collectif par cooptation. Plusieurs publications sont annoncées pour les prochains mois, sans calendrier précis dans le communiqué. Leur méthode et leurs résultats permettront d’apprécier ce que l’Institut Xenia apporte aux décisions d’investissement des entreprises.
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