Le présentéisme numérique apparaît dans le quotidien d’une partie des actifs interrogés par LiveCareer. Selon son communiqué du 20 octobre 2026, un quart des répondants concernés par le télétravail ont fait bouger leur souris ou utilisé un logiciel simulant ses mouvements. Leur objectif déclaré : conserver le statut « actif » sur des outils comme Slack ou Teams.
Ce chiffre provient d’une enquête auprès de 1 000 personnes en emploi en France, en Allemagne, en Espagne et en Italie. Il concerne précisément les 754 répondants travaillant à distance. Il ne permet donc pas d’affirmer qu’un quart des salariés français recourent à cette pratique.
Présentéisme numérique : les signes d’activité se mettent en scène
La souris constitue le comportement le plus cité dans la sélection de résultats sur le télétravail. Mais 22 % des répondants concernés déclarent aussi avoir rejoint une réunion, micro coupé, pour être présents tout en faisant autre chose. Par ailleurs, 19 % ont programmé des e-mails tôt le matin ou tard le soir.
Ces comportements ne donnent pas une mesure du temps réellement perdu. L’enquête recueille des déclarations sur des pratiques, sans établir leur fréquence ni leur effet sur les résultats professionnels.
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De même, un e-mail programmé n’est pas, en soi, une preuve de simulation. Il peut répondre à une organisation légitime du travail. Ici, le questionnaire s’intéresse aux usages destinés à donner une impression d’activité ou de disponibilité.
Pour les managers, cette distinction compte. Une connexion visible renseigne sur un signal technique ; elle ne suffit pas à apprécier un dossier traité ou la qualité d’une réponse client. Notre article sur le management hybride et le pilotage par objectifs aborde cette évolution des méthodes d’encadrement.
Au bureau, la présence se montre autrement
Les résultats sur le travail sur site reposent sur 903 répondants. Parmi eux, 14 % disent avoir gardé un tableur ou un document ouvert au cas où quelqu’un passerait. Ils sont également 6 % à avoir laissé une veste sur leur chaise ou une tasse sur leur bureau.
D’autres réponses portent sur les pauses : 31 % indiquent avoir prolongé une pause café, tandis que 16 % ont utilisé une cabine ou une salle de réunion pour un appel personnel.
Toutefois, ces situations ne prouvent pas toutes une volonté de tromper l’employeur. Réserver un créneau de concentration peut notamment permettre de travailler sans interruption. Le rapport reconnaît lui-même que les comportements recensés sur site ne visent pas nécessairement à donner une fausse impression d’activité.
La question des espaces et des usages rejoint notre analyse sur les nouvelles attentes des salariés à l’égard du bureau. Présence physique, disponibilité et travail effectif décrivent des réalités différentes.
Les tâches personnelles suscitent davantage de gêne sur site
Lorsqu’ils s’occupent d’affaires personnelles pendant leur journée, 32 % des répondants désignent le bureau comme le lieu où ils ressentent le plus de culpabilité ou d’anxiété. Seuls 9 % choisissent le télétravail.
Par ailleurs, 20 % disent ressentir autant de gêne dans les deux situations, et 25 % n’en éprouver dans aucune. Ces réponses décrivent un ressenti comparatif. Elles ne mesurent ni le volume de tâches personnelles ni le niveau de productivité dans chaque lieu.
Le présentéisme numérique s’inscrit ainsi dans un sujet plus large : les signes par lesquels les salariés rendent leur activité visible. Pour une entreprise, comprendre ces comportements suppose aussi de préciser ce qu’elle attend réellement d’une journée de travail.
Une surveillance renforcée pourrait fragiliser la confiance
Face à l’hypothèse d’un suivi strict de chaque minute d’activité numérique, 29 % des répondants auraient le sentiment que leur employeur leur fait moins confiance. De leur côté, 16 % envisageraient de chercher un autre emploi.
Il s’agit de réactions à un scénario proposé. L’étude ne mesure pas des démissions effectivement provoquées par un dispositif de contrôle. Elle n’établit pas davantage qu’une surveillance accrue entraînerait mécaniquement une baisse de productivité.
En France, le contrôle doit également respecter un cadre précis. La CNIL rappelle les conditions de contrôle de l’activité des salariés, notamment la proportionnalité et la transparence. Elle juge disproportionné l’usage d’un enregistreur de frappes pour surveiller un télétravailleur.
Pour le présentéisme numérique, la question de gestion devient donc concrète : quel indicateur permet de vérifier la réalisation du travail sans organiser un suivi permanent des gestes ?
Des résultats déclaratifs, sans ventilation française
Le rapport complet de LiveCareer sur les apparences au travail précise que les questions pouvaient comporter une ou plusieurs réponses. Les groupes télétravail et présentiel se recoupent : certains participants exercent dans les deux situations.
La méthodologie publiée ne détaille ni les dates de terrain, ni le recrutement, ni la répartition de l’échantillon entre pays. Elle ne permet pas de revendiquer une représentativité nationale. Les résultats ouvrent donc une discussion sur les pratiques de management ; ils ne constituent pas un classement des salariés les plus productifs selon leur lieu de travail.
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