WDP est une foncière familiale et un acteur majeur de l’immobilier logistique en Europe. En France, l’entreprise exploite 700 000 m² sur 18 sites et vise le million de m² d’ici 2027-2028. François Le Levier nous explique comment la logistique, longtemps considérée comme un simple support, est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises, et comment les plateformes modernes intègrent automatisation, durabilité et technologies pour répondre aux besoins croissants des entreprises et des consommateurs.
Pourquoi l’immobilier logistique est-il devenu stratégique ?
F.L.L : « L’immobilier logistique est au cœur de nombreuses réflexions. Il doit répondre à trois enjeux principaux : le stockage, le transport et l’adaptation aux besoins des consommateurs, qui évoluent très rapidement. L’essor du e-commerce et la rationalisation grâce aux outils numériques accélèrent la construction de nouveaux entrepôts et la régénération des bâtiments existants. 80 % des marchandises arrivent en Europe via les ports de Rotterdam, Anvers-Bruges et Hambourg. La France joue à la fois le rôle de bassin de consommation et de hub de transit logistique. Le parc français compte 95 millions de m², avec 3 millions de m² placés chaque année, dont 50 % de bâtiments neufs. Ces chiffres illustrent combien le secteur est dynamique et central dans la supply chain moderne. »
Comment la logistique est-elle devenue un levier de compétitivité ?
F.L.L : « La livraison rapide, la qualité des colis et la gestion des retours sont essentiels. Avec des acteurs comme Vinted, toute plateforme doit démontrer sa capacité à livrer dans les temps et en parfait état, tout en gérant les retours efficacement. La logistique n’est plus une simple fonction support : elle est aujourd’hui un levier stratégique, au même titre que le marketing ou la production, et conditionne directement la satisfaction et la fidélisation des clients. La performance logistique est désormais un facteur différenciant majeur dans la concurrence entre entreprises. »
Qu’est-ce qui distingue un entrepôt “nouvelle génération” ?
F.L.L : « Le stockage reste sa fonction principale, mais l’automatisation, la mécanisation et la démarche environnementale prennent une importance croissante. Beaucoup d’entrepôts misent sur les énergies renouvelables, l’électrification des véhicules et la gestion de l’eau. Nous intégrons ces éléments dès la conception pour créer des bâtiments durables et vertueux, capables de répondre aux besoins futurs des entreprises et des consommateurs. Les entrepôts modernes doivent combiner performance opérationnelle et responsabilité environnementale. »
Quel rôle pour les nouvelles technologies ?
F.L.L : « L’intelligence artificielle est devenue un outil incontournable. Elle permet de sourcer des opportunités, d’aider les architectes à modéliser leurs projets, d’optimiser la sécurité et d’analyser les consommations énergétiques. Elle s’intègre également aux systèmes de gestion des entrepôts et devient un levier puissant pour améliorer la performance globale, tout en réduisant l’impact environnemental. L’IA permet aussi d’anticiper les besoins et d’optimiser l’utilisation des ressources dans l’ensemble de la supply chain. »
Comment les plateformes s’adaptent-elles aux exigences de rapidité et de proximité ?
F.L.L : « Les messageries et les cross-docks sont les modèles les plus fréquents aujourd’hui. Ils rapprochent les plateformes des bassins de consommation et assurent une grande flexibilité. Leur déploiement dépend aussi des politiques d’aménagement et de l’acceptation sociale, ce qui nécessite pédagogie et anticipation. Ces infrastructures permettent de répondre à la demande croissante des consommateurs pour des livraisons rapides et fiables, même dans des zones urbaines très denses. »
Comment l’immobilier logistique prend-il en compte sobriété énergétique et décarbonation ?
F.L.L : « 80 % des entrepôts sont peu consommateurs d’énergie. Le chauffage n’est pas systématique, l’éclairage est LED et auto-régulé, et le photovoltaïque permet de produire plus que ce qui est consommé. Ainsi, nous garantissons des bâtiments autonomes et durables, avec un impact écologique très limité. L’efficacité énergétique et la décarbonation sont désormais des critères clés dans la conception et l’exploitation de chaque plateforme logistique. »
Quels seront les grands défis et la stratégie de WDP ?
F.L.L : « Les plateformes multimodales représentent l’avenir le plus prometteur. Mais il faut rationaliser et concentrer les grands parcs, mieux exploiter le transport fluvial et ferroviaire, et régénérer les infrastructures existantes. Régénérer les parcs, c’est aussi marier les flux d’entreposage, concentrer l’offre et redonner, via les plateformes logistiques, une âme aux villes particulièrement denses. Pour WDP, notre ambition est de consolider notre leadership en France et en Europe tout en restant fidèle à notre ADN de foncière familiale. Aujourd’hui, nous exploitons 700 000 m² sur 18 sites, avec l’objectif d’atteindre le million de m² dès 2027-2028, en construisant des plateformes performantes, durables et parfaitement intégrées aux territoires. »
