À l’occasion de la Journée internationale de la créativité et de l’innovation, le Groupe SEB et Norstat dévoilent un constat clair : la France reste perçue comme une terre d’innovation, mais le passage à l’action pose encore problème.
Présenté au Sénat lors d’un colloque dédié à la compétitivité, ce sondage met en lumière un paradoxe français. D’un côté, la confiance est forte. De l’autre, les blocages restent nombreux.
Une confiance toujours solide
Première information importante : 76 % des Français considèrent la France comme une terre d’innovation.
Ce chiffre montre que l’image du pays reste positive. Les talents, les idées et les savoir-faire sont reconnus.
Pour Thierry de la Tour d’Artaise, l’enjeu est désormais ailleurs :
« L’innovation n’est plus une option, c’est une condition de survie industrielle. »
Autrement dit, il ne suffit plus d’innover. Il faut transformer et industrialiser.
La fin du mythe de la “Startup Nation”
Le sondage montre aussi une évolution dans la perception de l’innovation.
Seuls 18 % des Français voient encore les startups comme le moteur principal. À l’inverse, ils se tournent vers des secteurs plus structurés.
Les grandes filières stratégiques arrivent en tête avec 36 %. Et surtout, les attentes changent : les Français veulent une innovation utile.
La santé est la priorité pour 56 % des répondants. Juste derrière, 44 % attendent des innovations concrètes pour la maison et le quotidien.
Un système jugé trop complexe
C’est là que le paradoxe apparaît.
Si les Français croient en l’innovation, ils sont nombreux à estimer que le système ne suit pas. 62 % identifient l’État comme principal frein.
Le premier problème cité reste l’excès de normes (36 %). Viennent ensuite la fuite des talents (20 %) et le manque d’investissements à long terme (16 %).
Pour Raphaël Clave :
« Ce sondage met en lumière une forte confiance dans notre capacité à innover, mais une défiance dans notre capacité à concrétiser. »
Le message est clair : les idées existent, mais elles peinent à se transformer en solutions.
Un besoin de simplification et de stratégie
Face à cette situation, les attentes sont précises.
66 % des Français appellent à une stratégie nationale claire. Ils attendent aussi une simplification du cadre pour faciliter l’innovation.
L’objectif est de mieux articuler les acteurs publics et privés pour passer plus vite de l’idée au produit.
Un optimisme qui reste fragile
Malgré ces freins, l’optimisme reste présent. 64 % des Français croient en l’avenir de l’innovation française dans les dix prochaines années.
Mais cette confiance n’est pas acquise. Elle dépendra de la capacité à transformer les projets en solutions concrètes.
L’innovation comme levier industriel
Le Groupe SEB incarne justement cette approche.
Avec plus de 1 500 collaborateurs dédiés à l’innovation et 250 millions d’euros investis chaque année en R&D, le groupe mise sur un modèle simple : transformer rapidement les idées en produits accessibles.
Aujourd’hui, 60 % de son chiffre d’affaires repose sur des produits de moins de trois ans.
Un exemple qui illustre une réalité : l’innovation ne crée de valeur que si elle est mise sur le marché.
