Pour la septième année consécutive, la France conserve sa place de première destination européenne des investissements étrangers. Selon le baromètre du cabinet EY du 21 mai, en 2025, 1 025 projets ont été réalisés sur le territoire dont 53 impliquent l’intelligence artificielle. L’industrie française souhaite faire de l’IA un moteur de souveraineté économique et industrielle.
La France maintient son attractivité, portée par ses infrastructures technologiques
Sur le plan industriel, l’Hexagone se place en tête par son nombre d’implantations et d’extensions d’usines étrangères. Cette attractivité repose sur des capacités énergétiques favorables portées par une électricité bas carbone. L’énergie nucléaire et hydraulique produite sur le territoire nourrit les besoins énergivores de l’exploitation de données. De même, la France dispose d’une position centrale dans les infrastructures européennes de data centers en plein essor. La loi de simplification adoptée le mois dernier les dote du statut de projets d’intérêt national majeur. 350 data centers sont déjà déployés sur le territoire et 26 projets sont en cours de construction.
La France devance le Royaume-Uni et l’Allemagne en valorisant ses infrastructures de pointe pour attirer les grands acteurs du secteur. Début mai, Amazon a annoncé un investissement de 15 milliards d’euros sur trois ans pour construire de nouveaux sites logistiques. La firme étend également ses capacités de stockage de données et d’utilisation de l’intelligence artificielle sur le continent. Cet investissement prévoit la création de 7 000 emplois à terme.
Une volonté politique de s’affirmer sur les marchés stratégiques
En novembre 2025, la start-up Anthropic, développeuse de l’IA Claude, a installé ses bureaux à Paris. Investir dans l’intelligence artificielle s’impose comme une stratégie de long terme pour protéger la compétitivité de toutes les entreprises du territoire. 70 % des 200 dirigeants interrogés par EY soulignent la nécessité de renforcer les compétences de la main d’œuvre, de promouvoir des standards éthiques d’usage de l’IA et de simplifier le cadre réglementaire. Cette ambition se traduit par une accélération des investissements publics dans les infrastructures.
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Le 22 mai s’est tenu le Forum européen sur la puissance de calcul, les sciences et technologies quantiques et les semi-conducteurs à Bruyères-le-Châtel. Lors de son discours, Emmanuel Macron a annoncé un investissement public de 1,5 milliards d’euros. Il affirme que la France est “crédible en termes de formation, d’organismes de recherche et d’écosystèmes de start-ups.” Il assure que : “les 18-24 mois à venir sont absolument décisifs” pour assurer l’indépendance technologique de l’Europe d’ici 2030.
Une riposte face à la concurrence américaine et asiatique
Le secteur privé français s’associe à cette ambition d’avant-garde dans le domaine de l’intelligence artificielle en Europe. En conférence de presse le 20 mai, 28 entreprises ont annoncé un investissement de 10 milliards d’euros dans l’infrastructure de calcul AION. Le mégaprojet est porté par 8 entreprises de la tech tricolore : Orange, EDF, Scaleway, Iliad, Bull, Capgemini, Artefact et Ardian. Elles assurent la cybersécurité, l’approvisionnement en électricité décarbonée et le déploiement opérationnel. Cette initiative s’inscrit dans le programme InvestIA de l’Union européenne. En janvier 2026, Ursula von der Leyen a annoncé un fonds européen de 20 milliards d’euros pour construire cinq “gigafactories” dans l’Union.
Ces innovations visent à concurrencer les entreprises américaines et asiatiques qui dominent le secteur. Les États-Unis concentrent 80 % de la puissance de calcul mondiale. Taïwan dispose de 90 % des capacités avancées de production de semi-conducteurs. L’enjeu souverainiste et économique est primordial pour la France et l’Europe. Thomas Reynaud, directeur général du Groupe Iliad, souligne que : » l’Europe ne peut pas accepter de dépendre d’infrastructures conçues, financées et opérées ailleurs.”
La réussite de cette stratégie dépend autant de la capacité à investir massivement dans les infrastructures que de celle à structurer un écosystème industriel et scientifique européen cohérent.
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