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Hervé Corlay veut faire émerger un leader français de l’épilation laser

Par Celia Bonnin |
Hervé Corlay veut faire émerger un leader français de l’épilation laser

Depuis 2024, le marché de l’épilation laser, longtemps réservé aux médecins, s’est ouvert à de nouveaux acteurs. Déjà bien développé dans les pays limitrophes, le marché français est un secteur à structurer. Hervé Corlay a saisi l’opportunité de s’imposer comme l’un des pionniers de la filière français de l’épilation laser avec sa marque Smartduck. Ingénieur et entrepreneur depuis 2002, il se e développe progressivement sur le marché des franchisés avec Point Soleil en 2007. En 2024, Smartduck ambitionne de s’imposer en tant que leader français de l’épilation laser.

Comment expliquez vous la forte croissance de l’épilation laser en France ?

Hervé Corlay : Le marché français de l’épilation laser reste aujourd’hui largement sous-développé. En Espagne, le taux de pénétration atteint déjà 50 % : autrement dit, une personne sur deux qui paie pour une prestation d’épilation choisit le laser.

En France, malgré la présence de dizaines de milliers d’enseignes comme Body Minute ou Aesthetic Center, le taux de pénétration de l’épilation laser reste probablement inférieur à 5 %. Le potentiel de croissance est donc considérable, d’autant que les prix devraient progressivement devenir plus accessibles. Aujourd’hui encore, les tarifs pratiqués restent très élevés.

Sur quels critères vous basez-vous en ce qui concerne la collaboration des franchisés ?

H.C : Le concept attire parce qu’il reste accessible et rentable. De nombreux candidats à la franchise se manifestent, accompagnés par nos partenaires spécialisés dans le développement de réseaux. L’enseigne commence à se faire connaître, grâce à une approche qui se distingue de de la concurrence : notre capacité à répondre à quatre grands problèmes du marché actuel.

Le premier concerne la pédagogie et la transparence. Chez Smartduck, chaque client bénéficie d’un entretien d’environ trente minutes avec une conseillère afin de comprendre le fonctionnement du laser, d’établir un bilan de pilosité et d’identifier les zones à traiter. Un devis détaillé est ensuite proposé, laissant au client la liberté de s’engager ou non.

Le deuxième point repose sur la technologie utilisée. Nous travaillons avec le laser diode, une technologie largement répandue à l’international mais encore peu exploitée en France. Contrairement au laser médical développé dans les années 1990, le laser diode est mieux adapté à certaines carnations, notamment les peaux plus bronzées. Celle-ci présente également l’avantage de limiter les interruptions de traitement pendant l’été.

Troisième élément : les tarifs. Grâce à une technologie plus rapide et plus performante, nous pouvons proposer des prix plus accessibles, environ 35 % inférieurs à ceux pratiqués par les médecins.

Enfin, nous appliquons des protocoles stricts. Les séances sont espacées de dix semaines, contre six à huit semaines généralement sur le marché. Ce rythme permet de limiter le traitement à six séances, sans facturation supplémentaire. Au final, nous proposons un coût global presque deux fois inférieur, avec l’ambition de redéfinir les standards du secteur.

Comment comptez-vous rendre possible l’ouverture d’une boutique par semaine sans risquer de saturer le marché ?

H.C : Ce n’est plus vraiment une volonté d’ouvrir une boutique par semaine, c’est déjà la dynamique actuelle. Nous comptons 32 centres ouverts et 45 projets supplémentaires d’ici la fin de l’année, même si certains ouvriront finalement en 2027. Je pense qu’on devrait finir l’année avec environ 70 centres, peut-être davantage. Ce business attire des personnes sérieuses, car il existe encore un fort potentiel de développement. Nous sommes donc très loin de saturer le secteur. 

Aujourd’hui, là où une trentaine d’instituts de beauté traditionnels proposent encore des épilations à la cire, nous ouvrons un centre Smartduck. Dans un institut classique, une épilation des aisselles coûte environ 10 euros. Mais en y retournant toutes les trois semaines, la facture atteint près de 140 euros par an. Chez Smart Duck, le traitement des aisselles coûte 210 euros au total, avec un résultat définitif. 

Le marché n’en est encore qu’à ses débuts et sa croissance dépendra en grande partie des prix pratiqués. En Espagne, par exemple, les tarifs sont plus bas qu’en France, tout comme les salaires. Pourtant, les trois principales chaînes y totalisent près de 800 centres et continuent d’en ouvrir une centaine chaque année, alors même que le marché y est ouvert depuis longtemps. 

Vous évoquez les instituts espagnols implantés en France, sont-elles une concurrence sérieuse ?

H.C : L’enseigne espagnole ELHA, l’une des plus connues sur son marché, pratique des prix bas avec une politique très différente de la nôtre. Ils ont déjà ouvert cinq centres en France : deux à Toulouse, un à Nîmes, un à Béziers et un à Montpellier. D’ailleurs, nous récupérons certains clients d’ELHA dans notre centre Smartduck de Montpellier.

Pourquoi ? Parce que cela dépend beaucoup de la psychologie du client. ELHA attire surtout une clientèle jeune qui souhaite payer séance par séance, sans engagement. Mais il y a peu de pédagogie autour du traitement. À force de tirer les prix vers le bas, les explications deviennent limitées. De mémoire, la séance aisselles est facturée autour de 29 euros chez eux, contre 35 chez nous. Mais chez Smartduck, six séances suffisent généralement, alors que chez ELHA il en faut souvent le double, les clients revenant toutes les six ou sept semaines dès que les poils repoussent.

Cela dit, c’est plutôt positif de voir des enseignes comme ELHA arriver en France. C’est une marque sérieuse et nous ne serons pas trop nombreux pour faire évoluer ce marché. Aujourd’hui, il reste peu d’acteurs vraiment structurés. Il y a aussi Dépiltech, une enseigne historique lancée en 2011, qui est passée du traitement à lumière pulsée au laser, mais avec des tarifs environ deux fois plus élevés que les nôtres.

Envisagez-vous également un développement à l’international ?

H.C : Pour l’instant, nous avons déjà énormément de travail en France. Le potentiel du marché français reste considérable. Mais je pense qu’un développement à l’étranger pourrait être envisageable à terme, notamment parce que même dans des marchés déjà matures, on constate encore un manque de pédagogie autour de l’épilation laser.

par Célia Bonnin et Ludovic Kondi