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Le paradoxe de la voiture : « indispensable mais inaccessible »

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La signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, le 17 juin, contribue à la baisse des prix du pétrole mais les Français peinent à en percevoir les effets sur leur pouvoir d’achat. La 16e édition du baromètre annuel d'OpinionWay pour Aramisauto met en lumière un paradoxe européen : la voiture demeure indispensable au quotidien, mais devient inaccessible.

Le paradoxe de la voiture : « indispensable mais inaccessible »

La voiture, une acquisition devenue un luxe

Le coût constitue de loin le premier critère dans l’acquisition d’un véhicule. En France, 91 % des automobilistes le placent en tête de leurs préoccupations. Cette notion englobe non seulement le prix d’achat, mais également les dépenses d’entretien, d’assurance et de carburant. Elle devance largement les critères liés à l’esthétique, à la marque ou aux performances. Ainsi, la voiture représente aujourd’hui une part importante du budget des ménages européens. En France, 98 % des automobilistes considèrent que se déplacer en voiture coûte cher. Le budget consacré en moyenne par mois par les Européens est de 355 €. Cette dépense varie toutefois selon les pays : elle atteint 387 € en Allemagne contre 283 € en France. 

Cette pression financière touche différemment les catégories de population. Pour 57 % des Français, la voiture constitue le premier poste de dépense du foyer. Cette proportion grimpe à 78 % chez les 18-24 ans, dont les revenus sont souvent plus limités. Dans ce contexte, l’automobile apparaît de plus en plus comme une dépense contrainte, au point que quatre Européens sur cinq considèrent désormais la possession d’un véhicule comme un luxe. Pourtant, ce constat n’efface pas la dépendance à l’automobile. Neuf Européens sur dix jugent la voiture indispensable à leur vie quotidienne. En effet, elle demeure un facteur essentiel d’autonomie, d’accès à l’emploi et de liberté de déplacement.

Des automobilistes contraints d’adapter leurs comportements

Face à la hausse des coûts liés à l’automobile, les conducteurs modifient progressivement leurs habitudes. Comme le souligne Romain Boscher, directeur général d’Aramisauto, « le diagnostic européen est global, mais les solutions à apporter localement sont différentes ».

En France, 44 % des automobilistes déclarent avoir reporté l’achat d’une voiture neuve, soit six points de plus que la moyenne européenne. Cette situation s’explique notamment par une fiscalité élevée et l’accumulation de malus sur les véhicules thermiques. Ce ralentissement du renouvellement contribue au vieillissement du parc automobile français, dont l’âge moyen atteint désormais 11 ans et demi.

Par ailleurs, 76 % des Français affirment réduire leurs déplacements en voiture afin de limiter leurs dépenses de carburant. Seule l’Espagne affiche un niveau supérieur, notamment grâce à une offre de transports en commun plus développée. Dans ce contexte, les Européens attendent davantage de soutien public. 77 % d’entre eux souhaitent la mise en place d’aides à l’acquisition de véhicules reconditionnés. Le leasing social pour favoriser l’accès aux véhicules électriques des ménages modestes, constitue une première réponse. Lancé en janvier 2024 puis en octobre 2025, le dispositif a permis l’acquisition d’un véhicule électrique à 100 000 ménages au total. Le résultat est limité car il ne parvient pas à répondre aux besoins de renouvellement du parc français. 

Transition écologique : au-delà du véhicule neuf

Depuis le début de l’année 2026, l’intérêt des Européens pour les véhicules électriques connaît un regain notable. Selon Romain Boscher, cette évolution s’explique en partie par une « lassitude d’être impactés par les tensions géopolitiques » et leurs conséquences sur les prix de l’énergie. Ainsi, les véhicules électriques séduisent désormais 60 % des Européens sont favorables. Les écarts restent toutefois importants selon les pays : la France s’aligne sur la moyenne européenne mais l’Espagne atteint 70 % d’opinions favorables, tandis que l’Autriche se situe à 48 %.

Cet engouement traduit une adhésion croissante aux objectifs de transition écologique. Une majorité d’Européens se déclare favorable à la fin des ventes de véhicules thermiques à l’horizon 2035. Toutefois, dans les faits, les ventes de véhicules électriques neufs demeurent encore minoritaires dans la plupart des pays européens. Le développement du marché nécessite donc une meilleure structuration de l’offre et un renforcement des infrastructures. Les consommateurs attendent également davantage de garanties, notamment concernant la durée de vie des batteries et leur état de santé (State of Health ou SOH). Le développement d’un marché de l’occasion fiable apparaît également essentiel pour rassurer les acheteurs sur la valeur résiduelle de leur véhicule.

Le reconditionné, un compromis entre budget et confiance

Face aux difficultés d’accès au neuf, le marché de l’occasion apparaît comme une solution privilégiée. En France, 73 % des automobilistes le considèrent comme la meilleure réponse aux enjeux de pouvoir d’achat. Cependant, l’occasion traditionnelle souffre d’une grande hétérogénéité de qualité. Dans ce contexte, le véhicule reconditionné s’impose progressivement comme une alternative intermédiaire entre le neuf et l’occasion classique.

Le concept est désormais bien identifié : 73 % des Français déclarent connaître le reconditionnement automobile, soit dix points de plus qu’en 2022. Les acteurs du secteur, à l’image d’Aramisauto, mettent en avant une offre associant prix plus accessibles, démarche écologique et garanties renforcées. Malgré ces atouts, les véhicules reconditionnés restent généralement plus coûteux que l’occasion traditionnelle. Les données de vente montrent un intérêt marqué pour des véhicules âgés en moyenne de dix ans, pour un prix moyen de 20 180 euros. 

L’enjeu pour le secteur est désormais de rendre cette offre plus visible, mieux identifiée et plus lisible pour les consommateurs. À terme, le reconditionné pourrait contribuer à résoudre une partie du paradoxe automobile européen : répondre aux impératifs de mobilité tout en limitant la pression sur le pouvoir d’achat.