Avec plus de 4 500 collaborateurs, près de 200 agences et un chiffre d’affaires dépassant désormais le milliard d’euros, le groupe poursuit une croissance impressionnante, portée autant par les acquisitions que par la diversification de ses métiers. Derrière cette trajectoire, un homme : Pieric Brenier, entrepreneur discret et défenseur d’un modèle décentralisé profondément ancré dans les territoires.
Une croissance construite sur l’acquisition… mais pas uniquement
Depuis plus de trente ans, Koesio avance à un rythme soutenu. Une trajectoire rare pour une entreprise née dans la bureautique régionale et devenue, au fil des décennies, un groupe technologique européen. Pour Pieric Brenier, cette croissance repose sur plusieurs fondations très clairement identifiées.
Le premier moteur reste la croissance organique. Dès les premières années, l’entreprise développe une culture commerciale offensive, fondée sur la proximité terrain et la capacité à élargir progressivement son portefeuille d’offres. Mais très tôt, le groupe comprend aussi que sa taille passera par les acquisitions.
« Cela fait plus de trente ans qu’il n’y a pas une seule année où nous n’avons pas réalisé plusieurs opérations de croissance externe. Aujourd’hui, on en fait facilement une trentaine par an. Notre entreprise s’est construite sur un build-up permanent de sociétés consolidées ».
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Des centaines d’opérations ont ainsi permis au groupe d’étendre son maillage territorial, de renforcer son expertise technologique et d’intégrer de nouveaux métiers. Mais le groupe ne se contente pas d’additionner des structures. Sa stratégie repose aussi sur la convergence des services proposés aux clients. « Nous avons construit notre développement autour d’une idée simple : devenir le one-stop-shop des PME. Quand on accompagne un client sur un sujet, on cherche aussi à répondre à ses autres besoins numériques. »

Anticiper les mutations du numérique
L’histoire de Koesio illustre aussi la manière dont certaines entreprises historiques de l’impression ont réussi à survivre à la révolution numérique. Là où beaucoup d’acteurs sont restés dépendants du photocopieur, Koesio a choisi très tôt d’élargir son champ d’action.
« Nous avons compris assez tôt que les photocopieurs analogiques allaient devenir des équipements numériques connectés. Les imprimantes et les scanners sont progressivement devenus une composante du système informatique des entreprises. »
Cette intuition pousse le groupe à investir très tôt dans l’IT. Dès 2001, Koesio achète sa première société informatique, bien avant que le marché ne parle massivement de transformation digitale. « Nous avions identifié que nos clients avaient des besoins beaucoup plus larges et que nous pouvions les accompagner bien au-delà de l’impression. »
Un groupe national… avec un fonctionnement local
Malgré sa taille, Koesio revendique un modèle très éloigné des grandes organisations centralisées. À Valence, le siège du groupe reste volontairement réduit. Une philosophie qui tranche avec les standards habituels des grands groupes technologiques. L’essentiel des décisions opérationnelles est laissé aux dirigeants locaux. Chaque entité conserve une forte autonomie, aussi bien dans sa gestion que dans sa relation client. Ce fonctionnement décentralisé constitue, selon lui, l’un des piliers de la réussite de Koesio. « Nous ne voulions pas devenir une “world company” où tout se décide depuis un siège social. Nos patrons régionaux ont une vraie liberté et restent très proches du terrain. »
Cette culture de proximité se retrouve aussi dans l’ancrage territorial du groupe. Koesio soutient des centaines de clubs sportifs locaux et revendique une présence forte dans les régions où il est implanté. « Nous avons gardé des agences locales partout. On vit avec les territoires, on travaille avec eux et on participe à leur dynamique. »
Le refinancement bancaire, levier d’une nouvelle phase de croissance
En 2025, l’entreprise a finalisé un refinancement bancaire de 550 millions d’euros. Une opération stratégique qui confirme la solidité financière du groupe et sa capacité à poursuivre son expansion. Pour autant, Pieric Brenier refuse d’y voir une rupture majeure : cette opération s’inscrit plutôt dans une logique de continuité. « Cela fait maintenant une quinzaine d’années que nous fonctionnons avec des financements structurés que nous renouvelons régulièrement. Cette nouvelle opération nous apporte surtout davantage de maturité financière et de capacité d’investissement. »
L’Europe comme nouveau terrain de jeu
Après la Belgique et le Luxembourg, Koesio a accéléré son développement européen avec l’acquisition du groupe espagnol Solitium. Une opération importante dans la stratégie internationale du groupe. Mais Pieric Brenier insiste : l’objectif n’est pas de se développer à l’étranger à tout prix. Le groupe privilégie avant tout les opportunités présentant une forte compatibilité culturelle et opérationnelle. « Solitium ressemblait énormément à Koesio.
C’était un acteur majeur de l’impression qui avait déjà engagé sa diversification vers l’informatique et les services numériques. L’Espagne nous a apporté des choses que nous ne savions pas faire aussi bien. Et inversement. Quand on garde des structures autonomes, le “1 + 1 = 3” fonctionne réellement. »
Le groupe regarde désormais d’autres marchés européens et n’exclut pas, à terme, une opération hors d’Europe. « Dans cinq ans, je serais heureux si nous étions implantés dans au moins deux nouveaux pays et si nous avions réalisé une première opération transatlantique. »

IA, cybersécurité : “Notre métier est de changer en permanence”
Comme tous les acteurs du numérique, Koesio fait face à l’accélération fulgurante des transformations technologiques, notamment autour de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. Mais là encore, Pieric Brenier voit davantage une continuité qu’une rupture.
« Ce que nous vendons aujourd’hui, nous ne savions pas il y a trois ans que nous le vendrions. Notre industrie évolue sans cesse. » Le dirigeant estime même que les entreprises du numérique sont probablement mieux armées que d’autres secteurs pour absorber les mutations technologiques rapides.
Dans ce contexte, il considère que les PME n’ont plus réellement le choix : investir dans le numérique devient un facteur direct de compétitivité. « Il existe une corrélation très forte entre les investissements numériques et la croissance des entreprises. Une société qui investit dans la digitalisation, dans l’IA ou dans la cybersécurité avance généralement plus vite que les autres. »
Une approche pragmatique de la RSE
L’entreprise met régulièrement en avant ses engagements autour du numérique responsable et de la réduction de son empreinte environnementale. Un sujet que Pieric Brenier aborde avec une forme de réalisme assumé. « Le numérique n’est pas un secteur particulièrement carbone friendly. La vraie question, c’est : comment le rendre plus responsable ? »
Le groupe travaille ainsi sur plusieurs axes : reconditionnement des équipements, allongement de la durée de vie des matériels, développement d’offres moins carbonées ou encore mesure de l’impact environnemental. « Nous essayons d’avancer concrètement. L’objectif, c’est d’être un peu moins mauvais que les autres et de progresser chaque année. »
La transmission plutôt que la conquête
Après plus de trente ans à la tête de l’entreprise, Pieric Brenier reste animé par un fort esprit de compétition. Ancien champion du monde de jet-ski, il conserve du sport de haut niveau le goût du défi, de l’endurance et de la performance collective. Mais aujourd’hui, le dirigeant parle davantage de transmission que de conquête. « Ce qui me nourrit, c’est de voir des collaborateurs évoluer, devenir managers, dirigeants, parfois actionnaires de l’entreprise. »
À travers le fonds Bird, créé avec sa famille à Valence, il soutient également plusieurs projets éducatifs, environnementaux et solidaires ancrés dans son territoire. Une manière de prolonger son engagement au-delà du seul développement économique. Sa récente participation à la Transat Café L’Or, marquée par le chavirage de son trimaran Koesio avant sa remise à flot, symbolise d’ailleurs assez bien sa vision du leadership : avancer malgré les imprévus, sans jamais perdre le cap.
Aujourd’hui, sa priorité est claire : préparer l’après. « Ma plus grande ambition personnelle, c’est de parvenir à passer la main sans dénaturer l’ADN de la maison. » Et de conclure : « Il faut que Koesio apprenne à vivre sans moi, et que moi j’apprenne à vivre sans Koesio. Si nous réussissons cela, alors nous aurons vraiment construit une entreprise durable. »
Plus d’informations : Koesio
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