Santé

La lutte contre l’obésité, un chemin à aborder avec prudence

Par Ludovic Kondi |
La lutte contre l’obésité, un chemin à aborder avec prudence

Le traitement de l’obésité est sujet à de nombreuses controverses. Entre décision critiquable de la Sécurité sociale ou encore traitements non adaptés, difficile de donner une bonne réponse à cette maladie. 

A qui profite le mauvais traitement de l’obésité ?

L’obésité est une maladie qui fait beaucoup débat quant à son traitement. Le 1er juin, la Sécurité Sociale annonce que les traitements anti-obésité Wegovy et Mounjaro seront pris en charge à 65% par la Sécurité Sociale. Cette déclaration a fait réagir le Professeur Pierre-Vladimir Ennezat, cardiologue au CHU Henri-Mondor. 

« C’est un engouement pharmacologique qui va coûter très cher à l’Assurance Maladie mais aussi aux portemonnaies de nombreux concitoyens mais qui va rapporter des dizaines milliards d’euros ou de dollars à travers le monde aux compagnies pharmaceutiques »

La prise en charge par Sécurité Sociale fait débat. L’intérêt pour eux serait de pouvoir autoriser la vente de médicaments par les entreprises pharmaceutiques. Dans un monde où certains en souffrent, d’autres y voient du profit. 

Le risque du mauvais traitement de l’obésité

Ces nouveaux médicaments vont traiter les symptômes et non pas les maladies elles-mêmes ni les causes. C’est une distinction très importante à faire surtout dans un contexte de sur-promotion des médicaments. De plus, le cardiologue souligne que le discours mis en avant ne prend pas en compte les causes de la maladie comme:

–  L’environnement : une alimentation ultra transformée toxique pour le foie, toxique pour les mitochondries, toxique pour le tube digestif, toxique pour le cerveau, est même proposée dans les hôpitaux

–  Les troubles du comportement favorisés par un environnement toxique, par le stress sociétal, la précarité matérielle, existentielle :

— avec des circuits de récompense et de plaisir suractivés générant finalement addiction, tristesse et dépression,

— avec une motivation réduite pour l’activité physique au quotidien

Une critique sur le matraquage d’information

Que ce soit en convention où des docteurs prônent l’efficacité des médicaments ou avec la sécurité sociale qui investit plus sur la solution plutôt que sur la prévention, les discours obscurcissent le véritable objectif. 

« La question qui mérite d’être posée est celle de l’équilibre des investissements publics : quelle part consacrons-nous au traitement médicamenteux et quelle part consacrons-nous à la prévention, à l’activité physique, à l’éducation nutritionnelle et à l’amélioration de l’environnement de vie ? »

La solution au problème de l’obésité est souvent la clé recherchée. Cependant, Pierre-Vladimir Ennezat rappelle qu’il faut être « pharmacovigilant ». La prudence ne doit pas seulement survenir sur la consommation médicamenteuse mais aussi sur les discours annoncés.