L’absentéisme, symptôme d’un mal plus profond
L’absentéisme coûte cher aux entreprises. Sur le plan économique comme humain. Mais les arrêts de travail ne sont souvent que la partie visible du problème. En amont, des signes apparaissent. Fatigue chronique, tensions au sein des équipes, douleurs physiques ou perte d’engagement. Autant de signaux qui passent fréquemment sous les radars.
Des outils qui peinent à convaincre
Pour mesurer le climat social, les entreprises s’appuient encore largement sur des questionnaires, des audits ou des enquêtes internes. Leur principal défaut : ils reposent sur le déclaratif.
Souvent longs et peu engageants, ils génèrent une participation limitée. Les données recueillies restent parfois incomplètes et difficiles à exploiter. Résultat : les actions de prévention arrivent souvent trop tard.
Une approche inspirée du monde médical
Biologiste médicale spécialisée dans le dépistage, Laure Dellamonica est partie d’un constat simple : dans la santé, la détection précoce permet d’éviter l’aggravation des situations. Pourquoi ne pas appliquer cette logique à l’entreprise ?
À lire aussi
C’est de cette réflexion qu’est née ScanUp, une plateforme développée au sein de 360SkillVue. L’objectif est clair : identifier rapidement les situations à risque liées aux troubles musculosquelettiques (TMS) et aux risques psychosociaux (RPS).
Donner la parole autrement
La plateforme ne repose pas sur des questionnaires classiques. Les collaborateurs sont invités à s’exprimer en quelques minutes via un message audio ou vidéo.
Un format plus simple. Plus direct aussi. Selon ses concepteurs, il favorise une parole plus spontanée et plus authentique que les réponses standardisées.
L’humain au centre de l’analyse
Chaque dépistage fait ensuite l’objet d’une analyse par un professionnel de santé, un psychologue ou un ergonome.
L’enjeu est d’identifier la nature des difficultés remontées et de distinguer ce qui relève de l’environnement professionnel de ce qui appartient à la sphère personnelle.
Une étape essentielle pour mettre en place des actions adaptées. ScanUp mise ainsi sur une approche hybride. L’expertise humaine constitue aujourd’hui le socle du dispositif. Des outils d’intelligence artificielle doivent progressivement venir renforcer les capacités d’analyse.
Une prévention pilotée par la donnée
Les résultats sont regroupés dans un tableau de bord accessible aux directions. L’outil permet de visualiser les zones de risque et les populations les plus exposées.
L’objectif n’est plus seulement de constater les problèmes. Il s’agit d’agir avant qu’ils ne se traduisent par des arrêts de travail ou une dégradation durable des conditions de travail.
Pour Laure Dellamonica, la prévention doit devenir un levier stratégique. Une démarche fondée sur des données objectivées et sur l’anticipation plutôt que sur la réaction.
À lire également sur Business Times
- ActualitésLa Voix des Jeunes : une génération engagée qui veut faire entendre sa voix
- Mobilité et LogistiqueManagers : l’humain relégué au second plan faute de temps
- Responsabilités et bien-être au travailLe management toxique, un poids pour les salariés
- ActualitésLe Leem se dote d’un nouveau président et d’une nouvelle composition du bureau
