La confiance des salariés français reste fragile. Selon le rapport People at Work 2026 d’ADP Research, seuls 26 % des collaborateurs en France pensent que leur emploi ne risque pas de disparaître prochainement. Autrement dit, près de trois salariés sur quatre conservent une inquiétude, plus ou moins forte, quant à l’avenir de leur poste.
Ce niveau reste légèrement supérieur à la moyenne mondiale, fixée à 22 %, ainsi qu’à la moyenne européenne, qui atteint 21 %. Toutefois, dans aucun des 36 pays étudiés, la majorité des travailleurs ne se dit totalement rassurée. Ce constat souligne la persistance d’un sentiment d’insécurité professionnelle, dans un contexte marqué par les transformations technologiques, les tensions économiques et l’évolution rapide des compétences.
Les 27-39 ans se montrent les plus confiants
En France, les femmes et les hommes expriment exactement le même niveau de confiance, soit 26 %. En revanche, l’âge crée des écarts plus visibles.
Ainsi, 29 % des salariés âgés de 27 à 39 ans estiment leur emploi très sécurisé. Ce taux tombe à 24 % chez les collaborateurs de plus de 55 ans. Les seniors semblent donc davantage exposés au doute, alors même que les entreprises cherchent à prolonger les carrières et à renforcer l’emploi des travailleurs expérimentés.
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La nature du métier joue également un rôle. Les professions intellectuelles, comme les ingénieurs, les chercheurs ou les développeurs, affichent un taux de confiance de 28 %. À l’inverse, seuls 23 % des salariés qui mobilisent une expertise technique pour résoudre des problèmes similaires au quotidien se sentent totalement protégés. Fait plus surprenant, 26 % des travailleurs qui réalisent des tâches répétitives jugent leur emploi très sécurisé. Ce résultat français dépasse nettement la moyenne mondiale de cette catégorie, qui s’élève à 16 %.
La taille de l’entreprise influence peu le ressenti
Contrairement aux idées reçues, travailler dans un grand groupe ne garantit pas toujours un sentiment de sécurité beaucoup plus élevé. Parmi les salariés des entreprises de plus de 1 000 collaborateurs, 29 % se montrent très confiants. Dans les TPE et PME de moins de 250 salariés, cette proportion atteint 25 %. L’écart reste donc limité. En revanche, les différences deviennent plus fortes selon les secteurs. À l’échelle mondiale, les salariés de la finance et de l’assurance affichent le niveau de confiance le plus élevé, avec 29 %. À l’opposé, l’hôtellerie-restauration atteint seulement 19 %. En Europe, les professionnels de la santé et de l’aide sociale se sentent les plus protégés. À l’inverse, les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’extraction minière ou encore du pétrole et du gaz enregistrent les niveaux les plus faibles.
L’intelligence artificielle renforce les interrogations
La montée en puissance de l’intelligence artificielle transforme progressivement les métiers. Elle automatise certaines tâches, fait évoluer les compétences attendues et crée de nouveaux besoins. Par conséquent, les salariés ne s’interrogent plus uniquement sur la disparition possible de leur poste. Ils se demandent aussi si leurs compétences resteront utiles dans les prochaines années.
Pour les entreprises, la formation continue devient donc un levier essentiel. Elle permet de maintenir l’employabilité des équipes, mais aussi de réduire le sentiment d’incertitude. Une communication plus transparente sur les évolutions des métiers peut également renforcer la confiance. Les employeurs doivent ainsi mieux expliquer leurs transformations internes, leurs choix technologiques et leurs besoins futurs. Ils doivent aussi proposer des parcours d’apprentissage accessibles à tous les collaborateurs.
La sécurité de l’emploi soutient l’engagement
L’étude d’ADP met surtout en évidence un lien direct entre sécurité de l’emploi et engagement au travail. Les salariés qui se sentent en confiance sont six fois plus susceptibles de se déclarer pleinement engagés. Ils sont également 3,3 fois plus nombreux à estimer leur productivité élevée. De plus, ils ont deux fois plus de chances de vouloir rester chez leur employeur.
La sécurité professionnelle ne constitue donc pas seulement un indicateur du climat social. Elle représente aussi un enjeu de performance et de fidélisation. Un salarié qui comprend la stratégie de son entreprise et qui visualise sa place dans l’organisation s’implique davantage. Dans un marché du travail en mutation, les entreprises ont donc intérêt à combiner visibilité, dialogue et développement des compétences. Cette stratégie peut renforcer la confiance des collaborateurs, limiter les départs et soutenir durablement la performance collective.
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