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Communication professionnelle : un actif sur deux juge les messages rédigés par l’IA plus impersonnels

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L'intelligence artificielle s'impose progressivement dans les échanges professionnels. Pourtant, son impact sur la qualité de la communication reste largement contesté. Selon une étude réalisée par Kantar pour Master the Monster, près d'un actif sur deux estime que les messages rédigés avec l'IA sont plus froids et moins chaleureux. Un constat qui interroge les entreprises sur les usages et l'accompagnement de ces outils.

Communication professionnelle : un actif sur deux juge les messages rédigés par l’IA plus impersonnels

Une adoption rapide de l’IA au quotidien

L’intelligence artificielle fait  pleinement partie du quotidien des Français. Selon l’étude Kantar réalisée pour Master the Monster, 54 % des actifs utilisent l’IA dans leur travail. Ils sont même 65 % à y avoir recours dans leur vie personnelle.

Des chiffres montrent l’adoption rapide des outils d’IA générative. Mais, derrière cette démocratisation, les bénéfices perçus restent limités lorsqu’il s’agit de communication professionnelle.

Des gains jugés faibles sur la qualité des échanges

Interrogés sur l’apport de l’IA dans leur communication au travail, seuls 27 % des actifs estiment qu’elle les aide à mieux s’exprimer ou à trouver les mots justes. À l’inverse, 46 % ne partagent pas cette opinion.

L’écart est significatif ; il montre que la promesse d’une communication plus fluide grâce à l’IA ne convainc pas encore une majorité de salariés.

Des messages perçus comme plus froids

Le constat est encore plus marqué du côté des destinataires. Près d’un actif sur deux (46 %) considère que les messages rédigés avec l’aide de l’IA sont plus impersonnels et moins chaleureux.

À l’inverse, seuls 7 % les jugent plus efficaces : un rapport de un à six entre perception négative et perception positive. Pour de nombreux salariés, l’automatisation de la rédaction s’accompagne d’une perte de spontanéité et d’authenticité dans les échanges.

À grande échelle, cela contribue à uniformiser les communications et à renforcer le sentiment d’une parole standardisée.

Une formation encore largement insuffisante

L’étude met également en lumière un manque d’accompagnement des collaborateurs. Parmi les utilisateurs de l’IA, 70 % déclarent s’être formés seuls. Moins de 15 % ont bénéficié d’une formation ou d’un accompagnement proposé par leur entreprise.

Un chiffre qui soulève la question de la maîtrise des outils et des bonnes pratiques. Pour Élie Ohayon, fondateur et CEO de Master the Monster, le problème ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans son utilisation.

« L’IA a été vendue aux entreprises comme un accélérateur de productivité. Ce que nous découvrons, c’est que, mal pensée ou mal utilisée faute de formation, l’IA accélère certes la production de contenu, mais d’un contenu qui génère plus de bruit qu’il ne crée de lien. »

Selon lui, la capacité des marques à conserver leur singularité devient un enjeu majeur à mesure que les contenus générés se multiplient.

Un enjeu culturel pour les entreprises

Même analyse du côté de Kantar. Pour Cécile Lejeune, CEO de Kantar France, la question dépasse largement le cadre technologique.

« Le vrai sujet avec l’IA n’est pas technologique, il est managérial et culturel. Nous avons massivement équipé nos collaborateurs, mais surtout investi dans leur accompagnement. Sans apprentissage, l’IA standardise et appauvrit les échanges. »

Selon elle, les entreprises doivent désormais assumer leur responsabilité dans l’accompagnement des usages afin de transformer l’IA en outil de personnalisation plutôt qu’en facteur d’uniformisation.

Les jeunes plus convaincus que leurs aînés

L’étude révèle également des différences générationnelles marquées. Les 18-24 ans sont les seuls à percevoir majoritairement un bénéfice de l’IA sur leur communication professionnelle.

Ils sont 40 % à estimer que ces outils améliorent leurs échanges au travail. Chez les 50-64 ans, cette proportion tombe à 16 %. Un écart qui illustre des niveaux d’appropriation différents selon les générations.

Productivité ou perte de lien ?

Alors que près d’un salarié sur deux affirme recevoir de plus en plus de messages rédigés à l’aide de l’IA, la question de l’équilibre entre efficacité et authenticité devient centrale. L’étude met en évidence un paradoxe.

L’IA permet de gagner du temps et d’accélérer la production de contenu. Mais pour une partie importante des actifs, ce gain de productivité s’accompagne d’une dégradation de la qualité perçue des échanges.

Un défi que les entreprises devront relever si elles souhaitent faire de l’intelligence artificielle un véritable levier de communication et non un simple outil d’automatisation.