Deux vagues de chaleur, deux fois plus de problèmes
Ce printemps 2026, la France a fait face à deux phases de canicule successives, toute deux aussi précoces qu’intenses. La première a eu lieu du 21 au 30 mai et la seconde du 18 au 26 juin : elles ont eu des impacts physiologiques tangibles, tant sur la qualité du sommeil que sur la quantité d’exercice effectuée.
À l’occasion de ces vagues de chaleur, Withings, spécialiste des instruments de mesure des données de santé, a pu dresser un bilan instructif à partir des données anonymisées de ses utilisateurs. L’entreprise française, qui fabrique notamment montres connectées et outils d’analyse du sommeil, possède une vraie manne informationnelle basée sur les données agrégées de ses utilisateurs.
Le premier enseignement à retirer, c’est le rôle qu’ont joué, non pas les canicules en elles-mêmes, mais bien la succession de celles-ci. « Une seule vague de chaleur ne bouleverse pas forcément grand-chose. Mais une deuxième, arrivant avec moins de temps de récupération entre les deux, a un effet cumulatif », précise l’entreprise. C’est particulièrement le cas cette année, où les températures atteintes lors de la première vague (32°C de moyenne en journée) pâlissent en comparaison de celles de la seconde (environ 38°C).
Français et Teutons trinquent, mais pas à leur santé
Les deux aspects de la vie les plus touchés ? La durée du sommeil et la baisse d’activité physique. Les deux pays les plus touchés parmi ceux étudiés ? La France et l’Allemagne. Les usagers des deux pays ont, de loin, le plus accusé le coup face à la seconde montée brusque des températures en juin, avec des nuits respectivement 6,8 et 6,1% plus courtes par rapport à la canicule de mai. En comparaison, les données provenant de l’Italie, des États-Unis et de l’Espagne, elles, montrent que les usagers n’ont pas dépassé les 4% de sommeil en moins.
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Une fois le sommeil impacté, c’est le début du cercle vicieux : moins d’énergie, c’est moins d’activité physique. La conclusion est sans appel, les usagers en France et en Allemagne ont vu leur nombre de pas par jour baisser deux fois plus d’une canicule à l’autre par rapport aux autres pays étudiés : -15,1% en France, -14,3% en Allemagne, selon les données des appareils Withings. Les États-Unis, dont le nombre de pas par jour est le plus faible de l’étude pour la période de mai, ont malgré tout connu la baisse la plus faible en pourcentage, avec à peine -5,7%.
À qui la faute ?
Intuitivement, on aurait envie de croire que c’est le pays ayant connu le pic de température le plus élevé qui serait le plus touché, c’est-à-dire l’Espagne, avec des moyennes à 39°C en juin. Mais pour Withings, c’est plutôt « l’ampleur de la hausse de température qui semble avoir compté ». Certes, elle est loin d’être le seul facteur : adaptation culturelle, infrastructure, accès à la climatisation…
…mais on constate tout de même une vraie tendance la concernant : le classement des pays ayant connu la plus forte baisse d’activité physique correspond à celui des pays où la hausse de température a été la plus importante d’un épisode caniculaire à l’autre. Le Royaume-Uni est la plus grosse exception, on y constate une baisse de l’activité physique notable malgré « seulement » +3°C entre les 2 vagues. Elle est probablement explicable par le fait que le Royaume-Uni est culturellement bien moins habitué à de telles chaleurs.
Au-delà des conclusions récentes de l’entreprise française, les observations de celle-ci concordent avec au moins une étude scientifique réalisée en 20251, toujours avec ses données2. Les chiffres des deux derniers mois confirment ainsi ce qu’elle avait établi, à savoir que « des températures plus élevées entraînent généralement une dégradation du sommeil ».
- Lechat B, Toson B, Scott H, et al. « How do we sleep while our beds are burning? High ambient temperatures are associated with substantial sleep loss. » Sleep, 2025. Étude fondée sur environ 165 millions de nuits issues de 317758 utilisateurs de Withings ScanWatch et Sleep Analyzer dans le monde (2020-2023). ↩︎
- Si elle a été tout ou partie financée par la marque, elle a cependant été « évaluée de manière indépendante par des pairs et publiée dans des revues académiques de référence », précise Withing. ↩︎
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